Le Monde Sécuritaire - Novembre 2017

Publié le 3 Novembre 2017

« Depuis des siècles des étrangers traversent Nantes, contribuent à l'histoire de la ville, et viennent parfois s'y installer » nous dit la brochure sur papier glacé de la Ville de Nantes de son exposition Regards de migrants à la bibliothèque. Nous soulignons le mot « parfois » ! 250 personnes viennent d'être expulsées sur ordre de la préfète de trois bidonvilles, dont des bébés, des femmes enceintes, des vieillards et des personnes malades, deux jours avant la trêve hivernale. Sur le bord de la route, ces personnes sont coupées de leur point d'eau, d’électricité et des services de soin et de scolarité. A Indre, une milice s'est mobilisée pour empêcher leur installation. A Nantes, 1 700 personnes vivent dans une quarantaine de bidonvilles. A Marseille, 200 personnes et dans l'Essonne 40 familles viennent également d'être expulsées. Ces quatre derniers mois en France, il y a eu 36 démantèlements de bidonvilles et 5 500 personnes expulsées. En France, on recense aujourd'hui 571 bidonvilles.

A Nantes, plusieurs manifestations ont eu lieu contre la politique de Macron et la guerre que son gouvernement mène contre la société civile (retraite, ISF, APL, contrat aidé, loi antiterroriste, retraite, loi travail, chômage, fonctionnaires, CDI, etc.). Les fins de manifs tendent à se transformer en « happenings » (tags, construction d'un mur, d'une maison) d'après la presse locale. Cette tactique a sans doute l'avantage d'être plus fédératrice. Le climat de léthargie qui règne actuellement laisse penser que la société civile reste KO et comme tétanisée face aux attaques sociales à répétition du gouvernement. Les affrontements avec la police risquaient de dissuader le peu de personnes prêtes à manifester.

La Direction de l'Ordre Public et de la Circulation a communiqué sur le projet Synapse concernant les manifs : abandon des nasses de masse et de l'infiltration du cortège de tête, enregistrements vidéos, arrestations ciblées et marqueurs chimiques (vaporisés, ils restent plusieurs semaines sur la peau) et contre-communication policière auprès des médias. La mairie de Nantes compte également investir dans plus d'une centaine de caméras et dans le réaménagement de la place Commerce pour faire disparaître les recoins. Concernant les luttes sociales, le site du Front Social recense 4 013 poursuites de militants. L'IGPN note un accroissement conséquent de l'usage des armes à feu par la police avec 18 accidents.

Le conseil général des Pays de la Loire a décrété la gratuité des transports pour la police. Les contrôleurs SNCF pourront opérer en civil pour être moins perceptibles. A Nantes, les agents de la TAN font un jour de grève pour réclamer plus de sécurité et d'accompagnement policier pour les contrôles. Ils sanctionnent ainsi les plus pauvres qui utilisent les transports en commun pour exiger plus de répression contre eux (au lieu, par exemple, de bloquer toute la circulation pour réclamer des transports gratuits et de meilleures conditions de travail).

Le gouvernement a l'intention de recruter plus de policiers, notamment de proximité, entre autre pour faire du renseignement dans la rue. Le projet Sentinelle est maintenu et reconfiguré pour être plus mobile. Il pourrait être renforcé par des sociétés privées armées pour faire face au retour des « jihadistes » de Syrie et d'Irak. A la centrale de Cattenon, en Moselle, Greenpeace tire un feu d'artifice près des piscines de refroidissement des combustibles nucléaires pour dénoncer la vulnérabilité des installations françaises.

A Rennes, une manifestation a eu lieu à l'aéroport de Saint-Jacques contre le centre de rétention construit il y a dix ans. Il y a en France vingt quatre centres de rétention où sont enfermés quarante neuf mille personnes par an. Le gouvernement vient de multiplier par deux (90 jours) la durée d'internement légale. Amnesty dénonce le renvoi forcé de 9 500 personnes en Afghanistan où leur vie est en danger. Quant à Macron, il se montre favorable à la double peine (expulsion de sans papiers qui commettraient un délit) et promet de durcir les règles d'immigration. A Nice, des militants sont condamnés à la prison avec sursit pour délit de solidarité. Le site Bruxelles2 s'interroge sur la diminution brutale de l'arrivée des migrants en méditerranée. En plus du mauvais temps, il soupçonne une coopération italo-lybienne, ce qui est inquiétant étant donné les conditions insupportables de détention en Lybie (viols, meurtres, épidémies, etc). L'IGPN a enquêté sur les violences policières à Calais (lacrymos, destruction d'affaires, interdiction de filmer).

Depuis 2014, la France participe à la guerre d'Irak à travers l'opération Chammal, avec 1 375 frappes. Elle est également présente au Mali avec l'opération Barkhane. Matthieu Rigouste rappelle que cette opération n'a été validée ni par l'ONU ni par le parlement (site XXI). La France bombarde et réprime avec brutalité les civils. Plusieurs manifs ont eu lieu à Kidal pour réclamer le départ des Français. Denia Chebli (RFI et Libération) explique dans la presse comment l'intervention de la France attise les tensions sur place. Mais la France a de nombreux intérêts stratégiques : des ressources minières à exploiter, des milliers d'entreprises sur place, un marché de la défense et de la sécurité (matériel et formation) à promouvoir, et la participation au contrôle migratoire. Ces opérations, financées par l'argent public, bénéficie avant tout aux entreprises privées. Enfin, Amnesty dénonce le développement par la France de robots létaux autonomes avec les projets Scorpion et Scaf.

La France est donc officiellement en guerre contre le terrorisme. Elle règne en réalité grâce au climat de terreur qu'elle entretient avec l'aide des médias. Cela lui permet de minimiser la guerre économique généralisée qu'elle mène pour le contrôle des ressources et des populations. Macron reconduit la politique néoconservatrice et néolibérale de son prédécesseur. L'enrichissement des riches est facilité par la militarisation de l'ensemble du monde, orchestrée par une poignée d'oligarches, sous prétexte d'organiser la défense contre diverses crises (« économique », « migratoire », « environnementale »).

Contact : groupedejacque@riseup.net

 

 

 

 

 

Le Monde Sécuritaire, Octobre 2017

Publié le 7 Octobre 2017

La loi sur la sécurité et l'antiterrorisme inscrit dans le droit commun l’état d’urgence en application depuis deux ans. Le ministre de l'intérieur affirme que les mesures ne pourrons pas être utilisées dans un but de maintien d’ordre public comme ce fut le cas avec l’état d’urgence. Toutefois avec la nouvelle loi les assigné.es devront fournir leurs identifiants numériques. Les interdictions de manifs, les contrôles de rue au faciès (de cell.eux dont la nationalité étrangère pourrait se déduire d'éléments objectifs extérieurs, selon le ministre de l'intérieur), les perquisitions et les assignations à résidence seront maintenus, alors que la méthode appropriée pour lutter efficacement contre les attentats repose essentiellement sur le renseignement sur les réseaux de communication et de financement. Mais la priorité est donnée au business de la sécurité, au contrôle de masse et à la répression sociale.

Le terrorisme est passé en tête des préoccupations des français selon les sondages, avant la pauvreté, la santé et le chômage. Résultat : l’antimilitarisme disparaît, les luttes sociales sont étouffées, le nationalisme cimente un peuple de plus en plus précarisé. L’armée recrute (26 000 personnes en 2016) et le budget de la défense augmentera de 1.8 milliards en 2018. L’opération Sentinelle maintient les militaires avec leurs armes au milieu des civils, alors qu'ils servent de cibles aux attentats. Les coûteuses opérations Chammal en Irak et Barkhane au Mali exacerbent les haines et augmentent les recrues de l'état islamique. Une fois les groupes armés de combattants terroristes défaits sur le terrain des opérations, les survivants intensifieront certainement leur action dans les métropoles européennes. Ajoutons que les opérations de Frontex et de l’OTAN, contre l’immigration provoquée par la guerre, rendent les conditions de vie des populations en fuite toujours plus périlleuses.

Quant à la police, elle a expulsé de Grande Synthe et éparpillé sur le territoire 557 demandeur.euses d'asile dont 60 enfant qui sont revenus sur place au bout d’une semaine. Au niveau législatif, la loi sur l'immigration augmentera la durée de détention des étranger.es à 90 jour (un rassemblement doit avoir lieu le 7 octobre à 15h à l'aéroport de Saint Jacques à Rennes contre le centre de rétention ouvert il y a 10 ans).

Des perquisitions ont eu lieu chez des militants antinucléaires en lutte contre le site d'enfouissement de déchet de Bure. Pendant ce temps, les deux chefs des états nucléarisés de la Corée du Nord et des États-Unis mettent en danger la vie de millions de gens à travers leur querelle puérile. Le traité contre les armes nucléaires de l'ONU a été boycotté par toutes les puissances nucléaires.

Lors des dernières manifs contre contre la destruction du code du travail, le 12 septembre à Nantes, les manifestant.es et Streets Medics ont été attaqué.es à coups de matraque, de LBD, de grenades et de lacrymos. Le 21, c'est une vingtaine de personnes qui ont été blessées et une douzaine interpellées. Le rassemblement de soutien devant le commissariat a lui même été chargé.

La répression s'abat également sur les médias sociaux. Le site d'information Indymedia fut contraint par la police d'enlever un message qui revendiquait l'incendie de la gendarmerie de Grenoble, alors que la reprise du message par les journaux officiels n'a pas été condamnée. Ce message dénonçait l'acharnement judiciaire contre les suspects de l'incendie de la voiture de police de Valmy en 2016 et le passage à tabac par la police d'un militant anarchiste. En Allemagne, des animateurs d'Indymédia ont été accusés de terrorisme et perquisitionnés.

 

 

Les Rohingyas, Saint Martin et les Street Medics

Publié le 17 Septembre 2017

   La minorité rohingyas subit depuis plusieurs années la politique
génocidaire de l'état birman. Ce qui se traduit par des massacres, des
supplices et un exode massif vers le Bangladesh où la persécution
économique continue. Ashin Wirathu, moine bouddhiste charismatique
condamné par l'état en 2003 pour incitation à la haine, a été libéré en
2012. Depuis, il diffuse ses messages de haine contre les rohingyas en
toute liberté et avec la bénédiction de l'état, ce qui aboutit à
d’atroces persécutions. La résistance armée qui s'est organisée, trop
faible, fut contre productive et a accentué  la répression. La question
qui se pose est celle de savoir à qui profite le crime. Quels sont les
enjeux géostratégiques derrière les souffrances civiles ? Qui sont les
responsables et les bénéficiaires des persécutions ? L'état d'Arakan, où
elles ont lieu, est riche en hydrocarbures et en pierres précieuses. Des
projets de Gazoducs et d'installations portuaires impliquent l’Inde, la
Corée du Sud, la Chine et Total. Comprendre les intérêts en jeu doit
permettre de déterminer, autrement que par les incantations morales de
l'ONU, les leviers concrets qui permettrait de  mettre
fin à ces opérations


    Sur l'île de Saint Martin, après le passage de l'ouragan Irma, on a pu
assister à « des scènes de pillage », d'après les médias. L'envoie de
l'armée vise entre autre la défense des propriétés. L'extrême droite
profite de la situation pour ressortir son concept de « racisme
anti-blanc ». Seule Marijosé Alie sur FR3 nous rappelle l'opposition sur
l'île entre une population et des touristes riches et les précaires qui
vivent dans les bidonvilles. En terme de pillage et de racisme rappelons
que le plus grand pillage reste celui qui mène aux inégalités sociales
et que le racisme est d'abord un système d'exploitation qui s'appuie sur
l'apparence physique et linguistique.


    La manif contre la destruction du code du travail à Nantes s'est
terminée par le traditionnel défoulement policier contre les
manifestant.es. La page des Street Medics nantais témoigne
d'hospitalisations et de blessures par matraque, LBD, grenades, lacrymos
et la bousculade provoquée. Les Street Medics ell.eux-mêmes ont été pris
pour cible, attaqueé.es à plusieurs reprises et placé.es en garde à vue.
L'image du journal local officiel choisit pour illustrer les neufs
arrestations de montrer un BACeux qui traîne à terre un.e street medic
reconnaissable par par son casque à croix. L'an passé un Street Medic
était d'ailleurs passé en jugement justement à cause de cette croix
censée n'être utilisée que par la Croix Rouge, d'après la convention de
Genève (pour éviter les embuscades). Rappelons tout de même que cette
même Convention protège aussi le personnel de secours contre les
militaires et la police. Nous condamnons de toute façon les agressions
policière contre quiconque. Les techniques et équipements restent
sur-dimensionnés face à une population civile désarmée et en posture de
légitime défense sociale (voir aussi https://nantes.indymedia.org/articles/38538).


    R du Gr Dejacque

Sécurité et répression dans les transports en commun

Publié le 2 Septembre 2017

       

Le 14 août les employé.es de la Tan se sont mis.es en grève pour dénoncer l'insécurité, immobilisant le réseau et sanctionnant les quartiers populaires. Cette grève a été rémunérée sur décision de Pascal Bolot, adjoint au maire et président de la Semitan, à son retour de vacance. Une autre grève était prévue le 4 septembre mais a été annulée par crainte de son impopularité.

La souffrance au travail des agents de la Tan est indéniable. Mais au lieu de s'attaquer aux vraies causes et aux vrais responsables, il.les préfèrent stigmatiser les classes populaires, faisant échos aux pétitions des commerçants du centre-ville contre les personnes jugées indésirables à Bouffay et Commerce. Comme les riverains, il.les voudraient un centre-ville sans pauvres mais fréquenté uniquement par de riches consommateurs et des touristes et reléguer les classes populaires dans les quartiers dits difficiles. L'amalgame est rapidement fait entre les « jeunes », les  « dealers » et les « étrangers ». Suite à ces plaintes, la police patrouille, chasse les détenteurs de drogue ou les étrangers sans papiers et procède à de nombreuses arrestations. La presse également contribue à jeter de l'huile sur le feu en entretenant le sentiment d'insécurité et les fantasmes habituels sur les transports en commun et les stations fréquentées du centre. Évidemment, dans les villes, qui concentrent de nombreuses personnes, les incidents sont proportionnellement plus fréquents qu'ailleurs. Mais dans quelle proportion ? De quoi parle-t-on ? D'homicide, de harcèlement, d'agression, de viol, de violence, d'insulte, de regard de travers, de manière de parler, de s'habiller et d'être ? En ce qui me concerne, je ne circule qu'en transport en commun et traverse quotidiennement la ville depuis des années et m'y sens très bien.

Parfois les esprits s'échauffent contre les chauffeur.euses et contrôleur.euses de la Tan. Mais on ne parle pas des toutes les raisons. Rappelons que le ticket n'a cessé d'augmenter, sanctionnant les plus pauvres (étudiant.es, chômeur.euses, sans domiciles, réfugié.es), que l'accès aux aides n'est pas aisé, que la précarité ne cesse d'augmenter et que la vie est de plus en plus chère. Les conditions de travail à la Tan sont dégradées par la cadence et la quête de rentabilité. Les chauffeur.euses sont pressé.es, stressé.es, doivent surveiller les entrées, faire un pré-contrôle en plus des bornes et des autres contrôles. Les gens sont ainsi contrôlés à maintes reprises. Même si de nombreu.ses agents restent aimables et compréhensi.ves, d'autres se comportent mal, ont un ton agressif, un regard méprisant, ferment les portes sur votre nez, démarrent alors que vous voulez entrer, ne ralentissent pas dans les rues et aux passages piétons. Les solutions réclamées sont : plus de contrôles, de policiers, de répression, de surveillance. Mais ça ne fera qu'exacerber la situation si l'on ne s'attaque pas aux causes du problème : management infernal, conditions de travail dégradées pour les agents, culture de la défiance à l'égard des minorités, augmentation des inégalités sociales, hausse des tarifs, alors que les transports en commun sont nécessaires pour les plus pauvres qui vivent éloigné.es du centre.

En améliorant les conditions de travail des agents et de vie de la population, en développant une gestion égalitaire des tarifs avec la gratuité et une culture de la tolérance, on peut espérer améliorer le quotidien de tou.tes. Mais ça ne se fera certainement pas en creusant les inégalités par l'exclusion sociale et économique et en réduisant les libertés par une politique de contrôle et de répression.

 

R du Gr Déjacque

 

 

REVUE DE PRESSE JUILLET-AOUT 2017

Publié le 31 Août 2017

          

 

 

            Dans une note intitulée « signalement dans le cadre du G20 à Hambourg », la SNCF demande aux personnels des trains et des escales de signaler jusqu’au 13 juillet les « personnes dont le comportement pourrait laisser supposer un comportement militant porté à l’extrême ». Le syndicat SUD-rail dénonce une « directive liberticide » 

          http://www.ouest-france.fr/societe/les-agents-sncf-pries-de-signaler-les-groupes-militants-se-rendant-au-g20-5111644

 

Au 1er juillet 2017, 871 mineurs étaient détenus en France. Matelas au sol, partages de cellule, transferts, l'administration tente de faire face à ce seuil jamais atteint en 15 ans.  

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/des-prisons-pour-mineurs-bondees-on-n-a-jamais-autant-incarcere_1927164.html

 

            Depuis janvier, plus de 2000 migrants sont morts ou disparus en mer Méditerranée

            http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/depuis-janvier-plus-de-2000-migrants-sont-morts-ou-disparus-en-mer-mediterranee_1924158.html

 

            Près de 2 500 migrants évacués de campements porte de la Chapelle à Paris

            http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/08/18/evacuation-du-campement-de-migrants-installe-porte-de-la-chapelle-a-paris_5173620_3224.html

 

            Le gouvernement annonce le 12 juillet 2017 un plan « migrants » qui ressemble à s’y méprendre à toutes les annonces distillées ces dernières années par la précédente majorité. Il s’inscrit dans un politique de continuité, sans perspective à long terme, ni réel projet pour construire une politique migratoire respectueuses des droits des personnes.

            http://www.lacimade.org/presse/plan-migrants-enieme-ajustement-dune-politique-cap/

 

            Mandatés par le Haut commissariat des Nations unies, six experts interpellent la France sur les cas François Bayiga, Adama Traoré et Théo Luhaka.

            http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20170714.OBS2125/affaires-theo-et-adama-le-haut-commissariat-des-nations-unies-demande-des-comptes-a-la-france.html

 

            Pas une déclaration, aucune réaction. Les chapelles présidentielles n’ont pas tinté les cloches de l’indignation. Dans un silence coupable, à la limite approbateur, les chefs d’Etat africains, les organisations régionales ou sous-régionales n’ont signé aucun communiqué regrettant ou recadrant les propos condescendants d’Emmanuel Macron sur la démographie galopante qui freinerait le développement de l’Afrique. La seule réponse d’un officiel africain est à retrouver en amont du G20. Habitué ces derniers temps à des diatribes sur l’ingérence colonialiste de la France, Alpha Condé a apporté une réplique anticipée au président français. Morceaux choisis.

            http://afrique.latribune.fr/politique/2017-07-11/propos-de-macron-sur-l-afrique-cinglante-la-replique-anticipee-d-alpha-conde-743625.html

 

            Londres : le terroriste néo-fasciste, auteur de l’attaque à l’acide contre deux cousins musulmans, comparaît devant la justice

            https://oumma.com/londres-terroriste-neo-fasciste-auteur-de-lattaque-a-lacide-contre-deux-cousins-musulmans-comparait-devant-justice/

 

            Les propos sont racistes, haineux. Ils recouvrent les murs de tous les bâtiments de l’aire d’accueil de Saint-Sébastien-sur-Loire, près de Nantes. La communauté de Loire-Atlantique est choquée et résignée.

http://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/pres-de-nantes-les-gens-du-voyage-cibles-de-tags-extremistes-5151661

 

            Une tête de sanglier clouée à la porte de la salle de prière

            http://www.ledauphine.com/isere-nord/2017/07/22/une-tete-de-sanglier-clouee-a-la-porte-de-la-salle-de-priere-musulmane-de-pont-de-beauvoisin

 

            Des riverains de l'hôtel Formule 1 ont érigé ce lundi matin, un mur de près de vingt mètres de long pour barrer l'entrée de cet établissement qui doit prochainement être transformé en centre d'accueil pour migrants.

            http://www.ladepeche.fr/article/2017/07/24/2617254-ils-murrent-l-entree-du-futur-centre-d-accueil.html

 

            Human Rights Watch dénonce l’utilisation de gaz poivre contre les migrants à Calais

            http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2017/07/26/human-right-watch-denonce-l-utilisation-de-gaz-poivre-contre-les-migrants-a-calais_5164943_1654200.html

 

            Jeudi 20 juillet au soir comparaissait sur le banc des accusés le N°1 de la Brigade Anti-Criminalité rennaise, le Major Philippe Jouan. A la suite d’une enquête préliminaire menée pour des faits ayant eu lieu le 5 mai dernier, le tribunal correctionnel a été saisi par le procureur de la République pour les charges de violences PAR agent dépositaire de l’autorité publique, faux en écriture publique et dénonciation calomnieuse.

            https://expansive.info/Il-etait-une-fois-dans-l-Ouest-555

 

            Demandes d'asile : Macron défend ses «hot spots» au Niger et au Tchad

            http://www.liberation.fr/planete/2017/08/28/demandes-d-asile-macron-defend-ses-hot-spots-au-niger-et-au-tchad_1592571

 

            Bordeaux : suite au décès d’un mineur isolé, un collectif met en cause l’État

            http://www.sudouest.fr/2017/07/28/suite-au-deces-d-un-mineur-un-collectif-met-en-cause-l-etat-3653380-2780.php

 

            Nouvelle garde à vue et tabassage en règle du compagnon Damien Camélio

            https://attaque.noblogs.org/post/2017/07/31/nouvelle-garde-a-vue-et-tabassage-en-regle-du-compagnon-damien-camelio/

 

            Migrants de Calais : les associations mitigées sur la création de deux centres en Hauts-de-France

            http://www.europe1.fr/societe/migrants-de-calais-les-associations-mitigees-sur-la-creation-de-deux-centres-en-hauts-de-france-3401246

 

            Rennes: Le chauffard qui a foncé sur des policiers a été tué par un de leurs tirs

            http://www.20minutes.fr/rennes/2111899-20170801-rennes-chauffard-fonce-policiers-tue-tirs

 

            Un homme a été tué par la police, samedi, dans le Loiret. La balle qui l'a abattu a été extraite de son corps et aidera les enquêteurs à déterminer si les conditions de légitime défense étaient réunies. 

            http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/homme-abattu-par-la-police-dans-le-loiret-le-projectile-mortel-a-ete-extrait-lors-de-l-autopsie_2340785.html

 

            Maroc: Plus de 60 migrants blessés en tentant d'entrer à Ceuta (Espagne)

            http://aa.com.tr/fr/afrique/maroc-plus-de-60-migrants-bless%C3%A9s-en-tentant-dentrer-%C3%A0-ceuta-espagne/874551

 

            Migrants: les ONG dénoncent l'idée d'un «code de conduite» en Méditerranée

            http://www.rfi.fr/afrique/20170705-migrants-ong-mer-denoncent-idee-code-conduite-mediterranee

 

            Plusieurs ONG suspendent le sauvetage de migrants en Méditerranée
            http://www.lemonde.fr/international/article/2017/08/13/msf-suspend-des-activites-de-sauvetage-de-migrants_5171859_3210.html

 

            Un migrant meurt percuté par une voiture près de Calais

            http://www.ladepeche.fr/article/2017/08/04/2622953-un-migrant-meurt-percute-par-une-voiture-pres-de-calais.html

 

            Var: un policier tue deux pompiers, avant de se donner la mort

            http://www.lexpress.fr/actualite/societe/fait-divers/var-un-policier-tue-deux-pompiers-avant-de-se-donner-la-mort_1933461.html

 

            Prières de rue à Lagny-sur-Marne: Des tentes visées par des cocktails Molotov

            http://www.20minutes.fr/paris/2113979-20170806-prieres-rue-lagny-marne-tentes-visees-cocktails-molotov

 

            Yémen : 29 migrants morts en mer, 22 disparus

            http://www.leparisien.fr/international/yemen-29-migrants-morts-en-mer-22-disparus-09-08-2017-7185072.php

 

            Fukushima. De l’eau contaminée devrait être déversée dans le Pacifique

            http://www.ouest-france.fr/monde/japon/fukushima-de-l-eau-contaminee-devrait-etre-deversee-dans-le-pacifique-5146171

 

            Collomb veut distinguer les bons des mauvais migrants

            http://www.liberation.fr/france/2017/08/06/collomb-veut-distinguer-les-bons-des-mauvais-migrants_1588460

 

            Gérard Collomb veut mobiliser les hôpitaux psychiatriques pour identifier les terroristes potentiels

            http://www.huffingtonpost.fr/2017/08/18/gerard-collomb-veut-mobiliser-les-hopitaux-psychiatriques-pour-i_a_23151221/

 

            Pourquoi la fin des contrats aidés est une décision inquiétante socialement et idiote économiquement

            http://www.huffingtonpost.fr/michel-zumkeller/pourquoi-la-fin-des-contrats-aides-est-une-decision-inquietante-socialement-et-idiote-economiquement_a_23187908/

 

            Charlottesville: une voiture percute des manifestants anti-racisme, au moins un mort et plusieurs blessés

            http://www.huffingtonpost.fr/2017/08/12/charlottesville-une-voiture-percute-des-manifestants-anti-racis_a_23075703/

 

            Manifestation à Bure : «Mon pied a été déchiqueté»

            http://www.liberation.fr/france/2017/08/18/manifestation-a-bure-mon-pied-a-ete-dechiquete_1590628

            Une enquête ouverte en Essonne après la mort d’un homme en garde à vue

            http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2017/08/17/une-enquete-ouverte-en-essonne-apres-la-mort-d-un-homme-en-garde-a-vue_5173305_1653578.html

 

            Amiante : retour de congés dans l’inquiétude à la tour Bretagne de Nantes

            http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/08/18/amiante-retour-de-conges-dans-l-inquietude-a-la-tour-bretagne-de-nantes_5174015_3234.html

 

            Près de 2 500 migrants évacués de campements porte de la Chapelle à Paris

            http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/08/18/evacuation-du-campement-de-migrants-installe-porte-de-la-chapelle-a-paris_5173620_3224.html

 

            Prévoyant, le gouvernement commande des grenades lacrymo pour 4 ans

            https://www.marianne.net/societe/prevoyant-le-gouvernement-commande-des-grenades-lacrymo-pour-4-ans

 

            Restos du cœur : le nombre de repas distribués en hausse de 40%

            http://www.sudouest.fr/2017/08/26/restos-du-coeur-le-nombre-de-repas-distribues-en-hausse-de-40-3725195-5458.php

 

            Deux SDF sur trois sans toit cet été

            https://www.humanite.fr/deux-sdf-sur-trois-sans-toit-cet-ete-639642

 

            Retour sur le déchaînement médiatique autour d'un squat

            https://nantes.indymedia.org/articles/38379

 

            Syrie : 59 civils tués en 3 jours à Raqqa dans des raids de la coalition

            http://www.europe1.fr/international/syrie-59-civils-tues-en-3-jours-a-raqa-dans-des-raids-de-la-coalition-3413324

 

            En colère, les livreurs de repas se mobilisent de nouveau pour leurs conditions de travail
            http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/08/26/en-colere-les-livreurs-de-repas-se-mobilisent-de-nouveau-pour-leurs-conditions-de-travail_5176952_3234.html

 

            Total accusée de fraude en Guinée Equatoriale

            http://www.bbc.com/afrique/region-41091905

 

            Un expert de l’ONU a exhorté vendredi la Sierra Leone à lutter plus vigoureusement contre les conséquences néfastes pour la santé et l’environnement du développement industriel, réclamant un meilleur encadrement des secteurs minier et agricole notamment.

http://fr.africanews.com/2017/08/26/sierra-leone-l-onu-reclame-un-renforcement-de-la-lutte-contre-la-pollution/

 

            Birmanie : Les Rohingyas Musulmans : vers un génocide planifié

            http://aa.com.tr/fr/analyse-nouvelles/birmanie-les-rohingyas-musulmans-vers-un-g%C3%A9nocide-planifi%C3%A9-/895726

 

 

 

 

Manifestation du front social du 19 juin 2017

Publié le 18 Juillet 2017

 

Lundi 19 juin 2017 fut une journée nationale de rassemblement du front social en France contre le gouvernement Macron auquel ont participé environ vingt mille personnes. Le but était de protester contre la politique néolibérale et néoconservatrice, dans la lignée de celle du PS, défendue par le "nouveau" gouvernement élu seulement par 15 % des inscrits sur les listes électorales. Il s'agit d'alerter sur les attaques prévues sur le code du travail, le régime des retraites, les allocations chômage et la sécurité sociale. Mais aussi sur la surenchère sécuritaire, avec le maintien et la constitutionnalisation de l'état urgence, avec son lot de perquisitions et d'assignation en résidence, avec l'augmentation et la banalisation de la violence policière contre les réfugié.es, les habitant.es des quartiers populaires, les militant.es et manifestant.es.

         A Nantes, plus de trois cent personnes, d'âges et d'horizons politiques différents se sont rassemblées dans une atmosphère apaisée pour un pique-nique place Bouffay. Cependant, l'importance du dispositif policier déployé dans les rues environnantes laissait envisager les intentions hostiles de la préfecture, ce qui n'est pas pour nous surprendre dans cette ville réputée pour la violence de sa police et de ses préfets. L'action symbolique d'un petit groupe consistant à dresser quelques parpaings devant une banque, pour dénoncer la collusion entre l'état et la finance incarnée par Macron, a suffi à déclencher une charge aveugle et brutale de policiers en armure et de BACeux sur les manifestants en tenue d'été, à grands renforts de coups de matraque, de grenades et de lacrymos. Parmi la dizaine de blessés, on compte un syndicaliste hospitalisé, le crane en sang, et un père attaqué avec sa fille de deux ans dans les bras, menacé au Lbd et à la matraque, qui a perdu deux dents en tombant. Deux personnes ont été interpellées. Le camion des syndicats a été nassé et faillit être confisqué tandis qu'un hélicoptère survolait la zone.

         Il est nécessaire de continuer à informer la population sur la violence de l'état policier dans lequel nous vivons et son développement. La police a carte blanche et l'état couvre ses crimes et exactions. Il importe de rappeler la nature brutale du pouvoir. Mais en même temps nous ne devons pas faire le jeu de l'état et des médias, qui tentent d'étouffer la contestation sociale par l'intimidation et la menace. Les groupes politiques impliqués dans les luttes sociales ne doivent pas se laisser couper du reste de la population. Si certain.es ont le courage de tenir tête aux milices d'état surarmées, les autres manifestant.es, moins expérimenté.es, doivent pouvoir nous rejoindre sans craindre pour leur sécurité. Cela fait partie des efforts à fournir pour nous rendre intelligibles et disponibles à tou.te.s cell.eux qui voudraient rejoindre les mouvements, afin que ceux-ci gagnent en ampleur et en cohésion. Il importe d'assurer la sécurité et l'autodéfense des habitant.es contre la violence sociale et policière des dirigeants.

R.

 

Sources :

https://www.youtube.com/watch?v=7BoF4ZCWRp0&feature=youtu.be

https://twitter.com/jmdupaquier/status/876861750481760256

https://nantes.indymedia.org/articles/38030
https://nantes.indymedia.org/articles/38027
https://nantes.indymedia.org/articles/38037
http://ulnantes.cnt-f.org/spip.php?article150

http://www.nantes.maville.com/actu/actudet_-manif-a-nantes-j-ai-ete-braque-par-la-police-avec-ma-fille-de-2-ans_fil-3238253_actu.Htm

https://twitter.com/hashtag/frontsocial?lang=fr

https://www.facebook.com/FrontSocialUni/

Welcome à Nantes

Publié le 3 Juin 2017

Le 6 avril 2017, tôt le matin, une vingtaine de "mineurs isolés étrangers" ont été jetés à la rue par la police sur ordre du procureur de la république, abandonnant matelas, couvertures et équipements. Depuis deux ans, après avoir été exclus des dispositifs d'aide par la préfecture, ils habitaient une maison abandonnée, soutenus par différents collectifs. Une pétition, depuis quelques jours, circule, rappelant qu'ils sont deux cent trente mineurs dans ce cas à Nantes aujourd'hui, non scolarisés, sans logement, sans nourriture et ni aucune aide de la part de l'état. Certains, s'ils sont bien scolarisés, n'ont cependant pas de toit.

La veille de cette expulsion, trois cent personnes, dont des mineurs rejetés, ont marché dans les rues de Nantes, devant le conseil général et la préfecture pour alerter sur leur situation. A leur passage devant la mairie, la réaction a été de baisser le rideau de fer. Ce "dialogue social" s'est donc poursuivi par l'expulsion des mineurs. C'est la réponse choisie par les pouvoirs publics à leurs revendications. La veille de cette manifestation, la police a également raflé treize mineurs isolés pour vérifier leur situation et s'informer sur la manifestation. Quelques jours avant, le DAL appelait à un rassemblement pour alerter sur la fin de la trêve hivernale, avec la reprise des expulsions et la fermeture des lieux d'accueil. L'an passé, le nombre d'expulsions a augmenté, ainsi que le prix des loyers, alors qu'en Loire Atlantique 10 000 logements sont vacants et que l'ordonnance de 1945 sur la réquisition n'est pas appliquée.

Les expulsions de réfugiés sont régulières à Nantes. Le 23 novembre 2016, 80 personnes ont été expulsées du squat de Doulon, juste avant les grands froids. Le 7 juillet 2016, un squat de mineurs isolés a été expulsé boulevard des Belges, après une nuit passée à l'abri. Le 28 janvier 2016, huit personnes ont été arrêtées alors qu'elles tentaient de réquisitionner un bâtiment de la CAF désaffecté. Le 30 juillet 2014, ce fut le squat de la rue des Stock, à Moutonnerie, où résidait plusieurs personnes dont des femmes qui fut immédiatement détruit, dans un nuage d'amiante, avec des affaires et des papiers à l'intérieur. En février 2014, le squat du Radisson noir a été expulsé. La police a blessé quatre personnes, dont deux qui finiront aux urgences. Le 10 Octobre 2012, les CRS ont expulsé du Lieu Unique des réfugiés à la rue qui manifestaient contre leur situation en occupant une salle.

Nous ne sommes pas surpris. Les gouvernements européens sont responsables de la mort des migrants en méditerranée, du bombardement et de l'exode des irakiens et des syriens, de l'exploitation des ressources en Afrique, de la persécution des sans papiers en France. Pas une miette ne doit revenir aux victimes de leur politique. On dépense des millions d'euros pour ériger des gares, des aéroports, équiper les rues de caméras, la police de nouvelles armes, collecter les données et construire des attrapes touristes, comme le Miroir d'eau ou l'Arbre aux hérons à Nantes. Mais on réserve le minimum pour les réfugiés et les sans domiciles.

A Nantes, les squats d'exilés répondent à un besoin de logements que la ville refuse de fournir ou de libérer en ce qui concerne les logements et locaux vides. Dans ces quelques squats vivent des exilés (surtout des garçons) majeurs et mineurs dans des conditions précaires. Les lieux sont vétustes, les personnes y sont nombreuses, parfois sans ressources, sans droits et menacées d'expulsion. Ces squats abritent principalement des personnes qui ont fui la pauvreté ou la guerre. Un grand nombre sont ici parce qu'ils parlent français. La distinction administrative entre migrant économique et réfugié politique n'a aucune valeur sur le terrain, tant ces deux aspects se conjuguent. En fait, pour qui ne s'arrête pas aux frontières et aux nations, ces personnes sont tout simplement opprimées par un système global.

La positions des "mineurs isolés étrangers" est particulièrement retors. Ils sont mineurs selon leurs papiers mais leur minorité est contestée à l'issu de tests osseux scabreux sans valeur scientifique. Par conséquent, ni mineurs ni majeurs, ils sont écartés de la solidarité sociale en ce qui concerne le logement, l'habitation, l'alimentation, la santé, l'éducation etc. L'administration organise également la pénurie en mettant en concurrence les mineurs "étrangers" et "nationaux". Quand certains parviennent à être pris en charge par le CADA, ils demeurent précaires. La durée est limitée et la qualité de l'accueil laisse à désirer : hôtels miteux et abus divers de la part des adultes. Les mineurs isolés sont disséminés en France, en Europe et sur les routes de l'exil. Ils subissent une oppression terrible et sont particulièrement vulnérables. On pourrait croire qu'arrivés ici les choses s'améliorent. Mais, au contraire, les test osseux servent à les sortir des dispositifs d'aide. Les mises à l'abri sont précaires. Ils sont de plus en plus nombreux à la rue, sans scolarisation, ni aide matérielle ou morale. Tout repose sur des structures militantes fragiles.

L'administration fait ainsi peser sur les populations une grille sélective, fortement hiérarchisée, organisant la pénurie et le clivage entre français et étrangers (ce qui encourage le racisme), migrants et réfugiés, mineurs et majeurs, hommes et femmes. L'objectif des clivages est la discrimination, la domination et l'élimination. Les femmes sont généralement mises à l'abri mais très surveillées, tandis que les hommes se retrouvent à la rue. Ceci est lié à la volonté de maintenir un niveau de rareté, sous prétexte de ne pas créer un "appel d'air", concept d'extrême droite largement partagé par les élus socialistes.

La communauté rromani est plus soudée que d'autres communautés ad hoc, basées uniquement sur le statut d'étranger ou la couleur de peau mais réunissant des cultures très différentes. Certes il existe des hiérarchies et des oppressions à l'intérieur de la communauté rromani mais elle parvient à une certaine autonomie. Elles se tient à l'écart et se méfie des locaux. Aussi vit elles souvent éloignée des centres villes, sur des terrains généralement abandonnés, insalubres, sans eau, ni électricité. Depuis des années, les rroms sont expulsés régulièrement des différents endroits où s'installent et se déplacent de communes en communes, sans pouvoir se fixer, tisser des liens avec les habitants, scolariser les enfants, etc. On compte mille huit cent personnes à Nantes, dont 40 % d'enfants, qui vivent en grande précarité, risquant d'être délogées, avec des caravanes vétustes, peu de médicaments et de matériel pour les nourrissons.

Les rroms subissent déjà une persécution structurelle dans leur pays d'origine, de plus en plus importante depuis la chute du mur de Berlin et l'effondrement du bloc soviétique. Certains retournent en Roumanie voir leur famille. Mais là bas la situation n'est guère meilleure. La misère est encore plus grande. Les rroms vivent à cheval entre plusieurs pays et en même temps se réfugient dans leur propre communauté. La politique de confinement qu'ils subissent ne leur laisse pas beaucoup d'alternatives. Ils n'ont pas accès au travail, à l'eau, aux soins, à l'électricité, aux sanitaires etc. Ils ont en face d'eux une population raciste, souvent hostile, et parfois des milices, un personnel politique prompt à exploiter la haine par électoralisme et une police dressée à ne pas voir en eux l'humain. Les soutiens locaux ont peu de pouvoir et ne peuvent empêcher les expulsions. Il n'y a pas d'organisation d'envergure de la solidarité mais des petits gestes, de la présence, etc.

 

 

 

INFOS NANTES

Publié le 29 Mars 2017

1/4/2017, Rassemblement Droit Au Logement,  Bouffay 17h

Le DAL appelle à un rassemblement contre la fin de la trêve hivernale des expulsions. L'an dernier les expulsions locatives ont augmenté de 24 %. Souvenons de celles et ceux qui sont à la rue ou risquent de l'être. La précarité du marché du travail augment tandis que les conditions d'accès au logement se durcissent. La gentrification des villes et la hausse des loyers accroissent la crise du logement. Les victimes du capitalisme sont nombreu.ses chaque année, comme Roland la semaine dernière dont le mémorial a été balayé par la grande braderie du week-end. https://44.demosphere.eu/rv/1039

1/4/2017, Anniversaire Nuit Debout Nantes, Bouffay 18h

Les copa.ines de Nuit Debout Nantes appellent à fêter son année d'existence et à réunir entre autre celles et ceux rencontré.es autour de la lutte contre la loi Travail !. Depuis iIl.les ont maintenu le contact avec les Nuits Debout des autres villes tout en défendant leur positionnement libertaire contre les tentatives de récupération électoralistes ou confusionnistes.
https://44.demosphere.eu/rv/1024

5/4/2017, Marche des Mineurs Rejetés à Nantes, 15h Station Commerce, 17h Machines de l’île.

Des jeunes réfugiés en grande précarité ont décidé d'organiser une marche et ont réclamé le soutien des organisations qui le désiraient. Ils dénoncent leur situation et l'accueil qui leur est réservé. Leur vie est dominée par l'exclusion dans leur pays d'origine et dans leur pays d'accueil. Ils demandent à être entendus dans leur souffrance, à ne plus être rejetés et à être traités dignement.
https://44.demosphere.eu/rv/1022

La répression des lycéen.nes

Publié le 18 Mars 2017

Dans sa lutte contre le peuple, le gouvernement s'acharne sur sa proie favorite, la jeunesse, dont il a déjà pourri l'avenir avec sa loi travail !. La semaine dernière la police a attaqué les lycéen.nes qui manifestaient contre les violences policières dont ils sont les principales cibles. A Saint Denis, 55 personnes ont été arrêté.es. La police a utilisé contre ell.eux lacrymos, grenades, LBD et matraques. Dans le Val de Marne, il y a eu un blessés et 5 interpellations. A Lille, une élève a été hospitalisée après plusieurs charges de la police et tirs de grenades. A Nantes, au lycée Livet, les élèves ont été matraqués. Certain.es ont réussi à échapper aux coups grâce à des voisins. L'un des lycéens a fini aux urgence la rotule cassée. Plus tard, une manifestation a été bloquée place Bouffay.

Le week-end un rassemblement dans le centre ville a été nassé par les CRS au bout de quelques minutes. Tout le monde, y compris des passants, a été encerclé, fouillé, contrôlé, fiché par la BAC devant les promeneurs, les touristes et les consommateurs en terrasse. Plus d'une dizaine de personnes ont été embarquées. Visiblement la nouvelle préfète, Nicole Klein (photo), cherche l'estime des flics. Manque de bol, ils se sont ridiculisés et disqualifiés aux yeux des visiteurs, des nantais et même de la presse.

Le mercredi des lycéen.nes ont bloqué à nouveau le Lycée de Livet. Une banderole "contre la police, légitime méfiance" a été déployée sur la façade et environ 200 personnes ont crié des slogans. Une partie du quartier a été bloquée par les CRS et les lycéen.nes ont été nassé.es, contrôlé.es et fouillé.es. Les témoins autour de la nasse ont fait l'objet d'intimidations répétées pour les empêcher d'assister aux arrestations. Les passant.es inquiet.es de voir la police menacer le lycée recevaient des explications des policiers comme : "ils manifestent pour sécher les cours". Quant aux profs et au personnel, ils semblent avoir abandonné les élèves à leur sort et ont une nouvelle fois fermé les portes de l'établissement empêchant tout repli.

Chacun.e d'entre nous, quelque soit son âge, risque sa peau tant que le gouvernement continuera d'exister pour défendre les privilèges de sa classe. Tou.tes ensemble désarmons la police, abolissons la loi travail et détrônons les exploiteurs.

SALES DEFAITES - JANVIER 2017

Publié le 18 Mars 2017

Réfugié.es : A Calais, une trentaine de personnes venant des centres de mineurs isolés sont à la rue par grand froid et pourchassés par la police. Des petits camps se reforment. La mairie souhaite dépolluer l’ancienne jungle, pour créer un « site naturel d’exception » pour les touristes, et désamianter le centre Jules Ferry./ A Toulouse, le tribunal condamne le département à des astreintes pour la non prise en charge de 75 « mineurs isolés étrangers »./ 6 300 personnes sont bloquées en Serbie, sous la pluie et dans le froid. Elles dorment dans des tentes ou des bâtiments abandonnés. A Belgrade, 1000 personnes sont à la rue./ En Bulgarie, les réfugié.es sont victimes de violences de la part de la police./ MSF dénonce les violences policières à Paris contre les réfugié.es, la confiscation des couvertures, le gazage, l’interdiction de s’asseoir devant les centre humanitaires. 8 cas d’hypothermie ont été recensés./ En Grèce, les réfugié.es dorment dans des tentes, dont des femmes, des enfants et des personnes handicapées, sans chauffage ni eau chaude. 5000 personnes se retrouvent à vivre sous 0°. Il y a eu au moins 60 morts en Europe dans la semaine (dont une à Calais) et une centaine en méditerranée./ A Chalons en Champagne, Denko Sissoko, 16 ans, tombe du 8e étage par peur de la police (Bondyblog).

 

Racisme : A Armentières, 2 femme portant un foulard et un enfant sont renversées. La plainte a été enregistrée grâce à l’intervention du CCIF./ Steeve Briois a envoyé à 350 maires une charte intitulée "Ma commune sans migrants" avec les préjugés habituels véhiculés par le FN : "coût des étrangers, tensions inter-communautaires, asphyxie, dissémination, djihadisme et communautarisme"./ Entre 1963 et 1981, Michel Debré a fait déporter en France 2150 enfants réunionnais.es qui réclament aujourd'hui réparation, l'accès à leur dossier familial et leur présence dans les manuels scolaires. Il s'était agi de lutter contre l'exode rural et le déclin démographique en France. Ces enfants constituaient un main d'œuvre gratuite et subissaient parfois des mauvais traitements, avec des cas de dépressions et suicides./ Marine Lepen prévoit un meeting à Nantes en février pour lancer sa campagne. Son parti a emprunté de l'argent à un établissement sulfureux proche de Poutine en échange de son soutien à l'annexion de la Crimée, ce qui lui a valu d'être interdite en Ukraine./ A Bamako (Mali), sommet France-Afrique. La France va former 20 mille militaires. Elle organise le rapatriement des migrants. Son ingérence s’observe au Sahel (4000 soldats), en Centrafrique, en Libye. 85 entreprises françaises sont présentes en Afrique dont Bollore, Bouygue et Areva./ Le Franc CFA, relique coloniale, empêche la souveraineté africaine sur sa monnaie et favorise les entreprises françaises. Christine Lagarde menace de le dévaluer. Une chute du pouvoir d’achat avait succédé à la dévaluation de 1994./ A Venise, Pateh Sabaly, 22 ans se noie devant une centaine de personnes sous les insultes racistes et est filmé sans recevoir d'aide. Le maire Luigi Brugnaro déclare "nous ne pouvons pas nourrir l'espoir que la moitié du monde puisse venir en Italie".

 

Répression : A Nantes, la police va être équipée de cameras piétons pour filmer ses interventions avec la possibilité d’interrompre l’enregistrement. Cette mesure se substitue à la demande de récépissé./ Dans la vallée du Roya, Cedric Herrou, qui aide des réfugié.es, a été perquisitionné par 20 robocops. C'est sa 3e interpellation. Cédric Hérou est condamné pour délit d'hospitalité et aide au séjour d'étrangers. Il risque 5 ans de prison et 30 mille e d'amende. Dans un centre SNCF désaffecté, il avait participé à la mise à l'abri de 50 personnes expulsées au bout de 3 jours. Pierrre Alain Mannini est également accusé d'avoir convoyé 3 érythréennes. Claire Marsol, 73 ans, pour avoir convoyé 2 érythréenne, risque 15 000e d'amende./A Nantes, 8 personnes ont été convoquées dans le cadre des manifestations contre la loi travail d'il y a quelques mois./ A Auxerre (Yonne), une personne souffrant de problèmes psychiatriques a été assassinée chez elle au flashball par la police./ A Marseille, des élus réclament la légalisation du cannabis pour lutter contre les réseaux. Les conflits entre vendeurs ont fait 27 mort en 2016, 19 en 2015. Cette légalisation permettrait de lever des taxes, de créer des emplois agricoles et d'assurer la qualité. Depuis les années 70, les consommateurs risquent un an de prison, 3 750 e d'amende. Il y a 170 000 interpellation/an et 100 000 jugements./ A Saran (Orléans), 2 détenus se suicident./ A Viry Chatillon, une voiture de police avait été incendiée. 7 jeunes risquent la perpétuité alors que 6 nient les faits et un reconnaît un jet de pierre. Ils ont été accusés sur la base de porte à porte et d'écoutes. / Fin de l'enquête sur la mort de Rémi Fraisse. Aucune mise en examen. La famille porte plainte pour faux témoignage et violence volontaire. 23 grenades ont été lancée le soir de la mort de Rémi. Une grenade avait blessé une fille 3 semaines avant./ Amnesty internationale dénonce les lois sécuritaires en Europe et en France et le non respect des droits de l'homme (écoutes, réduction de la liberté d'expression, assignations à résidence, fermeture des frontières, assimilation des réfugié.es à des terroristes./ Paul Quiles déplore l'absence de débat sur le nucléaire militaire et son programme de modernisation./ A Marseille, procès du flic qui a tué Mustapha Ziani, 45 ans, en 2010, d’un tir de LBD dans la poitrine./ A Venissieux, marche blanche pour Mehdi mort à 28 ans d'un "accident de la circulation" le 11/12 à Vaux en Velin lors d'un contrôle de police alors qu'il fêtait la naissance de sa fille./ Le Sénat aligne la légitime défense des policiers sur celle des gendarmes. Il autorise les palpations, augmente le pouvoir de l'administration pénitentiaire et empêche l'identification des policiers./ A Rennes, manif de flics pendant la GAV d'un des leurs à l'IGPN pour avoir éborgné un étudiant au LBD le 28 avril lors d'une manif. Une contre manif a été bloquée. Il y a eu 48 enquêtes judiciaires pour violences policières pendant les manifs contre la loi travail./ A Foix (Ariège), un homme souffrant de troubles psychiatriques prend 30 mois fermes pour "apologie de terrorisme" sur Facebook.

 

Corruption : Fillon est accusé d'avoir rémunéré ses deux fils comme avocat, alors qu'ils étaient étudiants, et de l'emploi fictif de sa femme pendant 8 ans alors qu'il était attaché parlementaire. Elle était également salariée de la revue des deux mondes sans y travailler. Il est aussi accusé de détournement de fond public en récupérant les crédits destinés à l'emploi d'assistants au sénat./ Macron est soupçonné d'avoir utilisé l'argent du ministère de l'économie pour financer sa campagne./ Perquisition chez Alain Bauer, criminologue autoproclamé et homme de réseau. Il est soupçonné d'abus de biens sociaux et de détournement de fond public.

 

Entreprises : En Tunisie, Philippe Martinez (CGT) visite Telecom et Teleperform qui luttent pour les salaires et conditions de travail chez Orange, Free et Bell. Les employé.es sont soumis.es à des pertes auditives, injures et pressions pour 350 e/mois. Les entreprises menacent de délocaliser à Madagascar./ En Écosse, des salarié.es d’Amazon dorment dans des tentes faute de pouvoir se payer les transports pour rentrer chez eux./ Au Bangladesh, les ouvrier.es du textiles manifestent contre les bas salaires et les conditions de travail. Certain.es sont licencié.es et blessé.es. Le textile représente 80 % des exportations et 1/10 des députés sont propriétaires d’usines. En 2013, l’effondrement du Rana Plaza avait fait 1000 mort et 2000 blessés dont les 3/4 sont au chômage aujourd'hui./ A Vitrolles, le 26/5, Ludo Zachar a renversé 2 grévistes avec son 44t. La présidente du tribunal, très inspirée, parle de "prise d’otage de la France", de "lynchage", de "voyous", de "foule folle et avinée". Une personne a eu le bras écrasé par une roue et une autre a perdu ses jambes. Le conducteur a dit « je vais tous vous écraser » et a accéléré. Il a été relaxé./ Les cliniques privées pratiquent des dépassements d’honoraires à la charge des patients. Dans les grandes villes, les tarifs peuvent être multipliés par quatre./ Le Burkina Faso réclame à Monsanto, en raison de la mauvaise qualité de son coton transgénique, 73 millions d'euros et retourne au coton conventionnel./ En France, grève des lycées en ZEP contre la réduction des effectifs./ Mise en place de la loi travail : accord d’entreprise qui prime sur l’accord de branche ; plus de travail par semaine avec moins de majoration des heures sup. ; habillage compté dans le temps de travail ; congés plus flexibles et fractionnés ; mise en place de référendum et du CPA dans les entreprises ; moins de suivi médical ; fiches de paies dématérialisées./ Pour les actionnaires du CAC 40, il y a eu 55,7 milliards d'euros de dividendes et de rachats d’actions, au détriment de l’investissement et du salaire des travailleur.euses. Les salaires des patrons lui est an hausse. Ils gagnent jusqu’à 4 million/an./ Dassault est accusé de blanchiment et fraude fiscale sur des comptes au Luxembourg et au Lichtenstein, de non déclaration de patrimoine à hauteur de 70 millions e. Il risque 2 ans de sursit et 16 millions d' euros d'amende. Il a été également accusé d'achat de voix de campagne./ A Good Year, en 2016, 8 anciens salariés ont retenu 30 h des cadres d'entreprise, après 7 ans de lutte contre la fermeture de leur usine. 7 personnes prennent de la prison avec sursit malgré le retrait de plainte de Good Year./ Isabelle Thomas, députée européenne, est déclarée soutenir les Ailes pour l'ouest (pro-aéroport Notre Dame des Landes) sans son accord. Mustière refuse d'effacer son nom de la liste./ A Gretz-Armainvillier, sur un piquet de grève des bus contre les conditions de travail et l'amplitude horaire, un délégué CGT est renversé par un bus./ A Paris, 32 ouvriers turques et kurdes du métro font grève. Il n'ont pas été payés depuis des mois par un sous traitant de Vinci. Ils travaillent de 22h à 5h et subissent un traitement d'esclave. Ils dénonce aussi le travail dissimulé de sans papiers sur d'autres chantiers. La RATP porte plainte contre les grévistes.

CREDIT PHOTO : http://www.lemonde.fr/europe/video/2017/01/13/a-belgrade-des-migrants-souffrent-du-froid-intense_5062532_3214.html

http://fa-nantes.over-blog.com/ https://fr-fr.facebook.com/jdejacque/

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