Vis-à-vis de l'expulsion du Radisson

Publié le 9 Mai 2014 in Anti-expulsions

Les expulsés du squat du Radisson Noir appellent à la manifestation tous les jours à 17h sur la Place Royale jusqu'à obtention d'un logement digne et stable, avec ou sans papiers. L'église Saint-Nicolas a été occupée mardi dernier à 19H, puis délogée par la police qui depuis, barre l'accès au bâtiment, ainsi qu'à la cathédrale de Nantes.

Le droit à l’hébergement est pourtant reconnu par la loi, mais régulièrement bafoué par la "justice" de ce pays, sous prétexte d'un manque de places. Nous subissons chaque année la fermeture de milliers de places d'hébergement d’urgence, dont les occupants sont condamnées à subir les violences de la vie dans la rue, comme si vivre et dormir dehors était sans danger, même en-dehors de la trêve hivernale. Or, ceux qui vivent ainsi meurent en moyenne à l’âge de 49 ans.

La Ligue des droits de l’Homme rappelle que la circulaire interministérielle du 26 août 2012 relative à l’anticipation et à l’accompagnement des opérations d’évacuation des campements illicites précise qu’il convient « d'assurer un traitement égal et digne à toute personne en situation de détresse sociale ». Cela suppose d'établir « chaque fois que possible un diagnostic et rechercher des solutions d’accompagnement, dans les différents domaines concourant à l’insertion des personnes ». Il ne semble pas que les services de la Préfecture aient procédé ainsi puisqu’un rendez vous a été proposé à ces personnes avec des travailleurs sociaux ce mardi 6 mai dans la matinée, donc seulement APRES l'expulsion, pour faire une évaluation au cas par cas de leur situation et définir avec eux, en téléphonant au 115, la possibilité d’un relogement éventuel d’une ou deux nuits.

Nous savons par expérience, comme maintes fois signalé aux autorités compétentes, que, pour la plupart des personnes, la solution d'urgence proposée restera vaine car les dispositifs d’hébergement sont par trop souvent saturés. Dans toutes les villes où sévit la crise du logement, des sans logis occupent des immeubles vides, ou s’installent sur des friches. Ce n’est pas un délit, c’est une nécessité légitime, car les lois qui devraient les protéger ne sont pas respectées. Le droit à l’hébergement est trop souvent bafoué, la loi Dalo et la loi de réquisition trop souvent inappliquées, alors même qu’il subsiste plus de deux millions de logements vacants en France, dont certains sont propriétés de l'Etat.

La Ligue des droits de l’Homme rappelle que pouvoir se loger et se maintenir dans un logement décent est une nécessité vitale pour chacun. Elle réitère ses demandes à l'attention des pouvoirs publics quant à la mise en place urgentes de réponses adaptées et suffisantes pour le respect du droit à l'hébergement à Nantes et en Loire-Atlantique. L'argent investi dans le futur second aéroport pourrait notamment servir à cela, soi dit en passant.

Vis-à-vis de l'expulsion du Radisson