Charlie Hebdo : n'oublions pas l'essentiel

Publié le 11 Janvier 2015

Dans la confusion des attentats qui ont été perpétrés contre Charlie Hebdo, un adage doit être répété encore et encore : les ennemis de mes ennemis ne sont pas mes amis.

Non, nous ne sommes pas face à des barbares contre notre "civilisation de la liberté", parce qu'ils ont tout à fait leur part dans notre société "démocrate libéral" qui les alimente par la misère du capitalisme et de l'impérialisme qui sont tout autant barbares qu'eux.

Non, un flic tué par un fasciste islamiste restera avant tout l'avant-garde la sauvegarde du capital et de l'Etat, garant du système responsable de la montée en force des groupes radicaux comme Al-Qaïda et Daesh, et n'a absolument pas besoin de nos soutiens.

Non, l'union nationale n'est pas une solution et n'est que la récupération dégueulasse d'une classe politique et capitaliste à bout de souffle cherchant pitoyablement une légitimité dans la terreur des pauvres gens, voulant feindre l'effroi face à cette violence, alors qu'ils la mettent en pratique tout autour de nous, que ce soit dans le monde par le pillage des ressources ou par les guerres néocoloniales, que ce soit par le salariat, par le chômage, par la crise financière, par leur exhibitionnisme abjecte, par le matraquage publicitaire, par la casse sociale, par l'austérité, par les expulsions des sans-papiers ou de nos logements, par la stigmatisation des minorités, par leurs inepties immondes avec lesquels ils inondent l'espace public.

Non, nous ne lâcherons rien. Non, nous ne alignerons pas derrière les politiques, derrière le capitalisme, derrière la Nation, derrière l’Etat. Ces politiques qui voudraient nous voir à genou, ce capitalisme qui voudrait nous écraser, cette Nation qui voudrait nous voir baillonner, cet Etat qui emprisonne nos camarades, tue nos amis de luttes, détruit nos lieux de vie, nos identités et nos espoirs.

Parce que nous avons la rage. La rage de voir qu’aujourd’hui, la France pleure le sort de quelques hommes, sans se rendre compte qu’elle ne fait qu’appeler au renforcement du système qui les a tué, et que depuis toujours nous combattons. La rage de voir que son union nationale n’est qu’une connerie inter-classiste et nationaliste, et que le fascisme, même islamiste, n’est encore une fois que bon à sauver le capitalisme, l’Etat, l’autoritarisme, l’oppression.

Mes pensées à Cabu, Wolinski, Thibous et tous les autres. Surtout à Frédéric Boisseau, grand oublié de ces évenements. Quoiqu'on aura pu penser de Charlie ces dernières années, vous ne méritiez pas ça.

A titre personnel,
B., groupe Déjacque.