LES INTELLECTUELS MAÎTRES A PENSER

Publié le 5 Mai 2015

Nous avons suffisamment pensé le monde, maintenant il faut le changer ! Cette parole de Karl Marx est toujours d’actualité, pendant un siècle et demi, on n’a cessé de penser le monde sans réussir à le changer.

Depuis l’affaire Dreyfus et avec l’essor de la presse d’opinions s’est constitué une caste à laquelle on se réfère, qu’on interroge à tout propos : les intellectuels. Le modèle en est Sartre, l’intellectuel engagé, qui a un parti, qui a réponse à tout mais manipule la mauvaise foi pour ne pas désespérer les prolétaires. Cette figure a été revue par Michel Foucault : selon lui, l’Intellectuel Spécifique doit s’engager dans une lutte à laquelle il est lié par son travail, sa vie et selon des modalités communes, avec une discrète plus-value intellectuelle évidemment.

Nous allons tenter de dresser un panorama des intellectuels en France aujourd’hui, de leurs engagements et d’un certain nombre d’imposteurs.

Commençons par le pire, ceux que nous appellerons les Gourous-Fachos. Loin d’être des intellectuels authentiques ils sont malheureusement beaucoup lus, écoutés, discutés. Sans être passés par des études importantes, ils exercent un magistère intellectuel. Ce sont des imposteurs : Alain Soral, Eric Zemmour, Etienne Chouard, Pierre Rahbi.

Internet, instrument post-moderne par excellence, confond quantité et qualité, aplanit tout et ne hiérarchise pas les savoirs et les discours. Ces imposteurs ont su s’emparer de cet outil et leur politique ne consiste le plus souvent qu’à communiquer en flux tendu. Comme son ami Dieudonné, Soral est un chef d’entreprise florissant. Il se déclare « national-socialiste », nazi en allemand. Il aime beaucoup rappeler son passage éclair au PCF et pique des idées à la gauche. Son parti-business Egalité Et Réconciliation aime ainsi Chavez ou encore l’intellectuel Christopher Lasch. On le dit éminence grise de Dieudonné, ce sont plutôt des complices en mauvais coups (financiers). Soral qui n’est qu’un des nombreux satellites du FN, avec son image de rebelle, sert ce parti en y amenant des jeunes prolétaires en déroute.

Eric Zemmour, simple journaliste, a connu un énorme succès avec son livre Le Suicide français. Il y développe des idées réactionnaires, sexistes et d’extrême-droite. Je ne sais sur combien de tribunes et de télévisions on peut le voir mais c’est une figure médiatique, un ballon de baudruche vite dégonflé, espérons-le. Il surfe sur des idées à la mode, sur des sujets sociétaux (les « pauvres » pères divorcés par exemple) mais c’est le degré zéro de l’intelligence politique. Et la décadence de l’Occident est depuis deux siècles une rengaine.

Etienne Chouard, lui aussi bien suivi, est un blogueur. Simple professeur d’informatique, il s’est fait connaître en décortiquant le Traité constitutionnel européen et en appelant à un non massif au référendum. Depuis il est tombé dans le complotisme, l’antisémitisme et l’extrême-droite, défendant et qualifiant de résistants des gens comme Jacques Cheminade (dangereux illuminé), Thierry Meyssan (le complotiste en chef) et Soral (qu’on ne présente plus). Il défend, pour les élections, le tirage au sort, comme David Van Reybrouck, ce qui est typiquement une fausse bonne idée.

Quant à Pierre Rahbi, c’est l’imposteur typique, le Gourou. Ses livres, ses paroles et ses actions examinés par des personnes compétentes révèlent de larges faillites. Son agriculture biologique, saupoudrée de mystique de bazar et d’un certain pétainisme ( la terre ne ment pas), est une entreprise familiale. Ses fils sont proches de Soral. La famille Rahbi essaime des fermes (là aussi idée à la mode, le retour à la terre) et des clubs Colibris. Combattons fermement ces gens et leurs idées néfastes.

Certains intellectuels ont des attitudes ambigües envers l’extrême-droite. C’est le cas de Jean-Claude Michéa. Auteur de deux bons livres sur George Orwell, de l’ « anarchist-tory » de ce dernier, il ne semble sur certaines questions n’avoir gardé que le « tory » (de conservatory). Il est contre le mariage pour tous, l’adoption par des homosexuels et certaines revendications féministes au nom de l’idée que nous serions dans une société matriarcale ! Il est pour des frontières nationales et donc contre les sans-papiers et les associations qui les soutiennent, et est pour le retour de l’Autorité dans l’école de la République… Il est cité par l’extrême-droite (Marine Le Pen, Soral, Zemmour) et refuse pour l’instant de faire une mise au point claire. Autre ambiguïté pour un penseur que Michéa a préfacé et qui est énormément cité par Egalité et Réconciliation : Christopher Lasch. Il était pour une certaine tradition, contre les lumières qu’il assimilait au libéralisme et était contre l’uniformisation des cultures. On voit bien là ce qui plaît à Michéa et puis à Soral.

Passons à la famille des réactionnaires, simples clercs du pouvoir et du capitalisme : Alain Finkielkraut, BHL (comme BMW, IBM, une marque, un produit), André Glucksmann et Régis Debray. Il existe une alliance objective entre les gauchistes repentis (ce qu’ils sont tous les quatre) et les nouveaux philosophes ( BHL et Glucksmann). Ils occupent eux aussi le terrain médiatique voire la rubrique « people » mais on les entend beaucoup plus à la télévision et à la radio que sur internet.

Finkielkraut a une antienne : « c’était mieux avant », il déplore la fin de l’autorité, la fin de la grande culture opposée à l’inculture des jeunes de banlieue et s’improvise beauf du café du commerce lorsqu’il déplore que l’équipe de France de football soit en large majorité composée de noirs. Et les orchestres symphoniques ? Il ne semble pas s’en soucier. Obsédé par le totalitarisme, il cite Hannah Arendt à longueur d’émissions. Finkielkraut pleurniche et geint, c’est l’homme du ressentiment.

BHL est un larbin du pouvoir. Une simple histoire pour l’exemple. En pleine guerre civile et à l’époque du « qui tue qui ? », Le Monde l’envoie en Algérie couvrir les événements. Il est évidemment reçu avec tous les honneurs par les militaires, ne voit rien de la guerre et repart avec ….un papier lénifiant très largement en faveur du pouvoir militaire algérien. BHL a une tête à être entarté surtout qu’il déteste ça !

Glucksmann est du même acabit. Ancien mao, il est aujourd’hui sarkozyste. D’une rare inanité intellectuelle, que dire de plus ?

Debray joue au grand monsieur, il a ainsi inventé la médiologie, l’étude des médias au sens large, des médiations, super ! C’est un apparatchik et est toujours prêt, comme les autres, à servir la soupe aux hommes politiques. Il fût conseiller du prince Mitterrand. Il a écrit (ces messieurs écrivent sur tous les sujets, l’art par exemple n’y échappe jamais) un livre : Le Pouvoir intellectuel en France qui décrit le monde des clercs qu’il connaît si bien.

Ces personnes ont, bien sûr, une obsession commune : défendre l’état d’Israël et, liant les deux, font du chantage à l’antisémitisme. Dans cette même famille on trouve Max Gallo, Jacques Attali, Luc Ferry, etc.

Loin de ces pantins, nous allons maintenant pénétrer le domaine de la philosophie universitaire (c’est un pléonasme), la vraie, la pure, la dure. La philosophie est une langue morte qu’apprennent des gens pendant des années et des années avant de pouvoir la parler, avant de pouvoir philosopher. On ne fait plus de philosophie, on fait de l’histoire de la philosophie. C’est une langue morte, c'est-à-dire une langue qu’un trop peu de locuteurs a coupée de la réalité complexe devenant ainsi stérile, incapable d’évoluer, de s’enrichir, incapable d’appréhender la réalité et de pouvoir agir sur elle. Un instrument dont on ne se sert pas devient une relique.

La France a deux fleurons aux Etats-Unis : la French Touch pour la musique et la French Theory dans les universités. Ainsi Jacques Derrida a été et est encore une pièce maîtresse pour le développement des Cultural Studies. Les Cultural Studies ce sont entre autres (performance studies, visual studies, post-colonial studies, …) les gender studies dont Judith Butler est la théoricienne principale et qui travaille, dans la lignée de Foucault, sur les minorités, leur stigmatisation et comment elles y résistent. La French Theory ou poststructuralisme, Gilles Deleuze, Félix Guattari, Claude Lefort, Cornélius Castoriadis, Jean Baudrillard, Jacques Derrida, Michel Foucault sont lus aux Etats-Unis. Mais ils sont tous décédés. Et la relève est en peine. Cette French Theory est assez lue des intellectuels de gauche en France. Il faudrait écrire, à la manière de Flaubert, un dictionnaire des idées reçues et des mots à la mode : rhizome, schizo-analyse, carte, territoire, plan, ligne de fuite, panoptique, biopolitique, pop-philosophie, déconstruction, spectacle, …, qui sont des concepts de Deleuze, Guattari, Foucault, Derrida et Debord, sont très à la mode et ont rejoint logiciel, flux, réseau, sexy, interface, dans la langue commune jusqu’à celle du management. Par ailleurs, il y aura toujours un étudiant en philosophie qui, sourire en coin, va venir vous dire : « vous les anarchistes, vous êtes dans l’erreur à vous opposer unilatéralement à l’Etat car, comme l’a montré Foucault, le pouvoir est partout ! ». Il peut donc être fait un usage contre-révolutionnaire de cette thèse qui pourtant ne peut se simplifier ainsi. Et puis Foucault était un rebelle acceptable puisqu’accepté, il était tout de même au Collège de France. Il a été récemment attaqué dans Longévité d’une Imposture par Jean-Marc Mandosio. Il y a un reproche qui, à mon avis, fait mouche : en effet Foucault découpe l’Histoire (comme un gâteau) en Epistémè, périodes dominées par un paradigme scientifique, un modèle épistémologique. Or ces Epistémè n’auraient, au point de vue historique, rien de sûr. Foucault a par ailleurs fait preuve d’inconséquence en soutenant la révolution iranienne de 1979 et en promouvant, à leurs débuts, les Nouveaux Philosophes (BHL, Glucksmann, Jambet, Dollé,…).

Icône gauchiste, Félix Guattari a eu une politique trouble dans les années quatre-vingt : la gauche une fois au pouvoir, il est très proche de Jack Lang et des socialistes jusqu’à écrire un discours pour Mitterrand. En 1985, il réunit des textes relatifs au pouvoir socialiste, très critiques et publie Les Années d’Hiver, le livre d’un homme déçu mais qui omet de raconter ses amitiés au PS. Et pour être déçu, il faut y avoir cru. L’édition lui a permis de se refaire une virginité.

La Pop-Philosophie est un concept deleuzien plutôt louable : une philosophie énergique comme une chanson pop et l’art de tirer des objets les plus triviaux les conséquences les plus élevées. Aujourd’hui, nous sommes loin du concept initial ou peut-être pas tant que ça, ce sont peut-être là ses limites. Ont ainsi été publiées d’abord la philo de Matrix puis la philo du sexe, la philo de Houellebecq, la philo du rock, la philo des bandes dessinées, la philo du blues, la philo des séries télé, etc. Quel programme !

Après avoir cherché des poux dans les têtes de l’immaculée French Theory, revenons maintenant vers des philosophes vivants, ceux de la famille des rebelles, des révolutionnaires de salon sinon d’université. On y trouve Jacques Rancière, Michel Onfray et le clown Alain Badiou.

C’est à un âge avancé que ce dernier a connu le succès éditorial, d’abord avec De Quoi Sarkozy est-il le Nom ?et puis avec un livre d’entretiens sur l’amour (facile !). Mais il reste un philosophe pour étudiants que font encore frissonner les mots communisme, marxisme-léninisme, maoïsme. En effet Badiou n’a rien renié de son engagement maoïste. Il se déclare toujours marxiste-léniniste. Du stalinisme et du maoïsme, il reconnaît les erreurs mais trouve belles ces erreurs car historiques. C’est le survivant d’une époque et d’une idéologie périmées mais est publié par des maisons modernes et engagées ( La Fabrique, Lignes). Pour lui c’est toujours le parti d’avant-garde composé de gens avertis qui doit guider les masses. Il traîne d’ailleurs avec lui une Organisation politique spécialisée dans le sans-papier, surtout composée d’étudiants fascinés par le maître. Et monsieur Badiou sait manier la provocation à deux centimes, il a ainsi écrit trouver sexy le voile des femmes musulmanes. Ca ne mange pas de pain et ça fait rire dans les résidences universitaires. Badiou est insignifiant mais usurpe l’habit du philosophe rebelle à d’autres bien plus conséquents. Proche de Badiou et dans la même idéologie communiste, le slovène formé en France Slavoj Zizek est assez lu car il sait humer l’air du temps et est un habile communiquant. Il fait une drôle de synthèse Marx-Lacan.

Un qui sait aussi saisir l’esprit de l’époque c’est Jacques Rancière. Il a réussi à faire oublier qu’il avait débuté sous les auspices de Louis Althusser (à rien !), le marxiste dogmatique de la rue d’Ulm. Alors Rancière à rien ? Pas vraiment, ses travaux sur l’art comme objet démocratique sont très appréciés. Et étonnante fortune que connaît son Le Maître ignorant, tout le monde en parle, souvent sans l’avoir lu mais c’est joli et ça fait rêver… Ceci dit, Rancière est un penseur de l’émancipation sur lequel on peut compter.

Passons à plus coriace, passons au Grand Vulgarisateur, Michel Onfray. Il se dit anarchiste, ou plutôt libertaire, ça passe mieux. Pourtant il aime fréquenter les politiciens et arpenter les médias. On le voit beaucoup à la télévision et dans les journaux et les magazines. Et il aime ça, ne manquant d’ailleurs jamais de nous dire pour qui voter (drôle pour un anarchiste !). Il passe ainsi de Bové à Mélenchon jusqu’au super rebelle Montebourg. De plus, il publie beaucoup et encombre les librairies d’ouvrages bâclés, d’écrits à la petite semaine mais ça se vend comme des petits pains car ça défrise le bourgeois. Son Le Post-Anarchisme expliqué à ma Grand-Mère est un cas d’école. D’abord il se montre très méprisant envers le militant de base, celui qui distribue des tracts et colle des affiches. Eh bien, j’en suis et je lui dénie le droit de me juger. Mais il y a pire, il explique le Post-Anarchisme (en gros le corpus anarchiste plus le poststructuralisme, la French Theory) sans jamais citer Todd May, Lewis Call, ou Saul Newman et leurs livres pourtant à l’origine du concept et de sa fortune dans le domaine anglo-saxon. C’est bien une captation d’héritage, une vulgaire opération publicitaire. Pour un anarchisme ouvert à d’autres traditions, il faut lire Daniel Colson, universitaire ET militant, auteur d’un Petit Lexique philosophique de l’Anarchisme riche et …rafraîchissant. Mickaël Paraire, dans son pamphlet Michel Onfray, Une Imposture intellectuelle, l’attaque sur sa méthode. Sa Contre-Histoire de la Philosophie (qui n’en est qu’UNE histoire parmi d’autres) utilise énormément la vie des philosophes convoqués (Kant faisait sa promenade à telle heure,…). Paraire lui reproche. Est là relancée la querelle Sainte-Beuve/Proust, le premier décortiquant les livres selon la biographie de l’auteur et le second condamnant cette méthode, fausse selon lui. Je pense que ce reproche est valable dans le cas d’Onfray. Quand il parle de la sexualité de Sartre, notre voyeurisme est comblé mais où est passée la science ? Du coup, son histoire de la philosophie ressemble à un zoo, un cirque, une galerie de figures extravagantes, mais au final anecdotiques, réduites à quelques grands traits.

Dans le champ intellectuel, l’université et les grandes écoles jouent un rôle central, un rôle moteur, fondateur et sur la durée. Les professeurs ne sont que des élèves restés à l’école tant ils l’aiment ! Les diplômes sont importants mais la course est impitoyable, liée à des financements aléatoires et à du pistonnage. L’université française est rigide pourtant elle est gangrénée par le copinage et la corruption. Pour la formation d’une élite, la reconnaissance par les pairs est obligatoire. On en est ou pas. Ce système de cooptation favorise l’entre-soi et la reproduction des inégalités. Il existe des professeurs-mandarins qui ont la belle vie et les belles idées sont encore l’apanage de la bourgeoisie, cependant il existe une classe d’intellectuels précaires qui se débrouillent comme ils le peuvent, souvent en position inconfortable entre coopération et résistance. Le philosophe marxiste Antonio Gramsci appelait à la formation d’intellectuels d’origine prolétaire qu’il a appelés les intellectuels organiques. Et pour lui, l’intellectuel engagé doit produire des évidences qui ruinent le sens commun produit par la bourgeoisie. La précarité, par sa radicalité existentielle, nous y invite.

Loin de la précarité, les intellectuels connus aiment s’exprimer dans les pages Rebonds et Débats qui leur sont dédiées dans Libération et Le Monde, et signent, parfois à plusieurs, des textes d’intervention, la plupart du temps tièdes sinon idiots. Les pétitions restent un mode régulièrement utilisé malgré son inefficacité. Il existe aussi Philosophie Magazine où écrit l’ex de Carla Sarkozy, Raphaël Enthoven. Ne soyons pas surpris, c’est le même monde, celui de la bourgeoisie ! Les revues sont essentielles, elles offrent un éventail de positions et de lignes éditoriales diverses et variées, des plus connues et quasi institutionnelles ( La Revue des deux Mondes ou la NRF, par exemple) à la plus obscure et expérimentale (celle de ton voisin). Réfractions, la revue des intellos anars, quoique inégale, est très bonne et je vous en conseille expressément la lecture. Les blogs sont désormais inévitables et ont leur mot à dire. Les intellectuels et les insomniaques ont une radio : France Culture qui est, sous la présidence d’Olivier Poivre d’Arvor, le frère de Patrick, de plus en plus nulle et réactionnaire. Les papiers de Brice Couturier, le matin, où il cite toujours un think tank anglo-saxon pour faire branché, sont affligeants de bêtise et de mauvaise foi néo-libérale. Il fût rédacteur en chef de Lui, cela laisse songeur. Le livre est en crise et l’édition d’essais est en chute libre. Il existe un créneau pour les philosophes, c’est le développement personnel, très à la mode : comment éviter les soucis, comment réussir sa vie, comment gérer sa vie comme on gère une entreprise. Les médias et l’édition sollicitent de plus en plus des philosophes sur des sujets de société, on les consulte comme experts. Et il y a des imposteurs comme Alain Bauer qui s’est proclamé spécialiste des questions de sécurité et pour qui fût créée, sur mesures, une chaire de Criminologie appliquée au Conservatoire national des Arts et Métiers.

Par ailleurs, dans le sillage d’Onfray, se sont créées, à travers toute la France des Universités populaires. A Nantes, des anarchistes, loin d’Onfray, se sont emparé de l’idée et animent une Université populaire autogestionnaire, antisexiste et libertaire pour un échange de savoirs tant intellectuels que manuels et pour renouer avec les causeries populaires des Bourses du Travail. La mode des Cafés-Philo est passée, tant mieux car on y brassait surtout de l’air conditionné.

Ce petit et modeste tour de manège terminé, on peut constater que chez les intellectuels les plus connus, il n’y a pas de femme. Ce champ, comme tant d’autres, est phallocrate, machiste et patriarcal. Comment conclure sinon inviter chacun à s’émanciper des maîtres à penser et à être son propre intellectuel, avec ses propres références . Soyons curieux et combattons pas à pas les fausses idées et les gourous à la mode. La lecture et la culture peuvent être subversives. Et c’est toujours une tension théorie/pratique qu’il nous faut exercer sans même une frontière entre les deux ! Lisons, pensons, écrivons, manifestons-nous pour ne pas laisser les débats publics aux seules mains de la bourgeoisie intellectuelle.

G. du Groupe Déjacque