Black lives matter (les vies noires comptent)

Publié le 26 Juillet 2016

Black lives matter (les vies noires comptent)

Un rassemblement a eu lieu samedi 23 juillet à Nantes en l'hommage d'Adama
Traoré, jeune homme sportif de 24 ans, décédé entre les mains de la police
le 19/7 à Beaumont-sur-Oise (tabassé, selon son frère ; de mort naturelle,
selon le médecin légiste). Différentes personnes ont pris la parole place
Royale pour rappeler les violences policières dans les banlieues - dont une
dizaine de meurtres par ans à caractère raciste (Bastamag 2/4/2013) -, dans
les manifestations, l'histoire coloniale, le rôle de l'Afrique à la
Libération (par exemple Radio Brazzaville) ainsi que la politique
internationale (plus de 200 civils bombardés en Syrie après les attentats
de Nice (francetvinfo 22/7), soutien à Erdogan, etc.).
Un cortège de deux ou trois cent personnes a ensuite défilé dans
les rues de Nantes avec banderoles et slogans contre les violences
policières. La présence policière elle était exceptionnellement discrète.
La manifestation s'est terminée place du Bouffay par de nouvelles prises de
paroles et des discussions.
A la suite de cet événement, et au regard de l'actualité, on peut
s'interroger sur la stratégie de fuite en avant du gouvernement qui, pour
soi disant lutter contre le terrorisme, accroît le niveau de violence et de
haine avec l'état d'urgence et ses bombardements meurtriers. On peut
supposer que ce climat lui est utile pour mener sa politique antisociale
tout en conservant une relative popularité grâce à sa posture sécuritaire.
Les inégalités de classe et de "race" se trouvent ainsi entretenues et
creusées au bénéfice de la minorité au pouvoir. Si celle-ci attise la haine
pour mieux régner, il nous faut au contraire refuser le jeu des clivages
racistes pour sortir ensemble de l'oppression.