SALES DEFAITES 30 septembre 2016

Publié le 3 Novembre 2016

Week-end A l’abordage à Nantes contre l’université d’été du PS (malgré son annulation). Le discours de la maire, près des Rendez-vous de l’Erdre (festival de Jazz militarisé par l'Etat d'Urgence) est sifflé et hué. Des manifestant.es sont nassé.es, contrôlé.es et embarqué.es. Puis, feu d’artifice sur des radeaux et une buvette près du Lieu Unique. Le lendemain, des discussions près du miroir d’eau sont suivies de l'enterrement joyeux du PS. Quelques carreaux brisés et jets de peinture lors du passage du cortège entraînent sa dispersion par la police. Dimanche, discussions sur les exilé.es, la ZAD et la militarisation policière. La presse réagit en condamnant les "casseurs" et rappelant les "menaces" à venir : manif Loi travaille !, Climat Chance, ZAD. Le collectif poujadiste Touche pas mon centre ville réapparaît. Retailleau écrit une lettre à Cazeneuve contre les week-end de formation à l'autodéfense de la ZAD.    


    Travaille ! : Vincent Martinez, magasinier à Air France, est accusé d'avoir arraché la chemise d'un DRH lors de l'annonce de la suppression de 2 900 poste. Pourtant, l'inspection travail nie cette accusation. C'est le ministère du travail qui confirme le licenciement. Cinq salariés sont aussi condamnés pour violence et onze pour dégradation. A Toulouse, deux manifestants doivent payer 2 700e pour un feu de palette. Au Havre, deux dockers sont en GAV à cause d'une manif à Paris en juin. Le port est bloqué par leurs collègues. A Rennes, Solidaire doit 46 345e pour l'occupation de la Maison du peuple. Lors de la Manif du 15/9, soixante deux interpellations en France et trente deux GAV ; plusieurs dizaines de blessés dont cinq graves et un éborgné (il y a eu quarante cinq éborgnés depuis 2007 par la police française). Sept arrestations ont eu lieu à Nantes, dont cinq en marge de la manif avec deux comparutions immédiates. Une personne a été  blessée à l’œil. Soixante huit réclamations en France ont été déposées au Défenseur des droits par le collectif Stop violences policières.


    Prisons : En Floride, en Alabama, au Texas, en Caroline du sud, grève du travail et de la faim des détenus, pour l'anniversaire de la rébellion d'Attica (une révolte des prisonniers à New York en 1971 contre les conditions carcérales et le meurtre de Georges Jackson) et pour dénoncer les conditions de travail, les salaires, le manque de soin, le racisme. Plus de deux millions de personnes sont emprisonnées dont 40 % afro-américaines. Les prisonniers travaillent par exemple dans les troupeaux de Mac Do, les centres d'appel ou comme pompiers, pour des salaires dérisoires. En France, Valls prévoit dix mille nouvelles places pour "régler" la question de la surpopulation carcérale (117,6 %). Depuis 1987, trois milliards ont déjà été dépensés pour la construction de prisons qui se remplissent à mesure qu’on les construit. A Poitiers, une mutinerie a lieu pour des demandes de transfert et de permission.


    Exilé.es : Cazeneuve menace de démanteler la "Jungle" de Calais pour répartir les réfugié.es sur le territoire, avec ce que ça suppose en réalité de profilages, de violences, de reconduites et de remises à la rue, alors que la plupart désire aller en Angleterre. 200 flics s’ajoutent aux 1 900 sur place. Un mur végétalisé est érigé, éclairé, anti-bruit et contre les réfugié.es, financé par le royaume uni. La maire est inquiète. Elle attend plutôt le démantèlement du camp. Paris Xe et XIXe, 2 100 personnes à la rue, dont des femmes et des enfants, sont expulsées dans cinquante bus. Manif devant le rectorat de Nantes pour soutenir la centaine de "Mineurs Etrangers Isolés" à la rue et non scolarisés. Le week-end, rencontre nationale des collectifs MIE (Lille, Poitiers, Rouen, Lannion etc.) à la maison des syndics. La situation générale est très dégradée, avec un mépris du droit des mineurs, des OQTF et mises à la rue arbitraires dans toutes les villes. A Montreuil, dix-neuf familles rroms sont à la rue depuis un mois. La Mairie PC continue d'évacuer la place occupée, en pleine rentrée scolaire. Le maire de St Ouen lui refuse de scolariser les enfants rroms. A Indre-Nantes, vingt cinq enfants scolarisés sont menacés d'expulsion. Un ouvrier sans papier s'est blessé sur un chantier Paris VIIe. Le patron refuse d'appeler les secours. Vingt-quatre travailleurs sans papiers font grève et réclament des droits et leur régularisation. Covéa immobilier, propriétaire du site, assigne les ouvriers en référé pour les expulser du chantier. Quinze camions de CRS s'en chargeront après trois semaines de blocage.


    Climat chance : Vingt six multinationales, dont Vinci, Veolia, Suez, Schneider, Air France, Arcelor, SNCF, Société générale, Thales, Total, BNP, Crédit Agricole, EDF, Lafarge,  Renault, Sanofi, se réunissent à Nantes pour un grand meeting en vue de la COP22. La maire organise un Grand débat sur la transition énergétique, comparable à celui sur La Loire et nous (budget : 600 mille euros). La manif contre a été interdite. Les journalistes de  LCI, FR3 et Télé Nantes ont été écartés de la nasse où des militant.es ont été brutalisé.es.


    Culture : Plainte de Cazeneuve contre Jo le phéno, pour son titre Bavure (sur les violences policières et le racisme). En 2003, Sarko attaquait Sniper pour son titre La France. Francois Gros-didier a attaqué Mr R ; Estrosi, Infinit ; Valérie Letard, Orelsan en 2009, quant à Michel Raison, en 2011, il souhaitait contrôler la diffusion des "groupe issus de l'immigration".


    Auchamp confirme le projet Europa City pour 2024 dans le Val d'Oise. Quatre-vingt hectares, capables de produire 740 t/an de blé, dans une région saturée en hypermarchés, seront transformés en parc à thème, "espaces culturels", hôtels, centres commerciaux, restaurants, pistes de ski, parcs aquatiques etc. Trois milliards sont injectés dans ce grand projet inutile. Combien d'emplois nets (rapport entre ceux créés et détruits) pour ce projet qui va cannibaliser 90 % des commerces environnants ?


    Sécurité : Adama Traoré a été asphyxié par la police lors de l'arrestation de son frère. On apprend que sa mort, suite à un plaquage ventrale, est également due à l'absence de gestes de secours, sous prétexte que la police croyait qu'il simulait un malaise. Il a été retrouvé face contre terre par les pompiers. A Béziers, la ville FN de Ménard, un homme meurt « naturellement » étouffé entre les mains de la police après un plaquage ventral. Le flic qui a été filmé au Lycée Bergson en train de frapper au visage un lycéen menotté affirme avoir voulu viser le plexus. Par malchance le lycéen a baissé la tête. Et comme le bras était déjà parti, il était trop tard. Le même jour des élèves avaient été matraqués, jetés au sol et traînés sur plusieurs mètres. A Marseille, Chartres et Angers, des internautes prennent deux ans de prison pour « consultation de site terroriste » en vertu de la Loi Urvoas du 3/6. Le Conseil constitutionnel s'inquiète du flou des notions de « consultation habituelle » et de « bonne foi ».          
    Le service civique obligatoire obligera à subir trois mois de classe républicaine, où seront enseignés les symboles de la nation et les fondement de la république, suivis de six mois de précarité pour des missions sans protection sociale et pour 470e/mois (la moitié du seuil de pauvreté) en perdant une année d'étude. La réserve citoyenne, elle, permettra au jeune d'aller réprimer les mouvements sociaux. Sur Change.org une pétition circule Contre le service civique obligatoire.


    La Ville de Nantes organise une manifestation culturelle appelée "Migrations" à l'Espace Cosmopolis, avec des expositions, des spectacles, des conférences, des films et la participation d'une soixantaine d'associations et entreprises. Dans l'édito de la brochure, la maire affirme que « les villes européennes s'organisent pour répondre à l'urgence de la situation », que Nantes est une « ville ouverte sur le monde » avec une « tradition d'accueil et de tolérance », qu'elle « entreprend des démarches pour accueillir les migrants », qu'elle « soutient », « accompagne » et «facilite » les initiatives de la société civile, des associations et des bénévoles. Les militant.es de terrain, qui affrontent la justice lorsqu'ils essaient d'ouvrir des lieux, qui luttent face à des institutions sourdes et aveugles pour mettre à l'abri des adultes et des mineurs dans des squats ou sous des tentes, pour éviter l'expulsion des bidonvilles, pour collecter des biens et des fonds etc., ont voulu dénoncer cette communication mensongère en diffusant des tracts le jour de l'inauguration. Voici quelques extraits : « les personnes désignées comme rroms sont estimées à environ 1800 dans l’agglomération nantaise, dont 1 600 sont réparties en une quarantaine de bidonvilles ». « Les pouvoirs publics auraient dû s'occuper de l’accueil des exilé.es dans le respect de leur dignité. Mais pour la plupart il n'y a rien que la rue et la survie. Avec l'aide de citoyens et d'associations, ils décident de prendre les choses en main et s'installent d'abord au Radisson noir jusqu'en mai 2014. Puis rue des stocks d’où ils sont expulsés avec une brutalité scandaleuse en juillet de la même année. Suite à l'expulsion, le collectif voit le jour pour solidifier les fraternités. Il s'attelle à l'occupation du Presbytère du vieux Doulon puis une maison dans le bas Chantenay ». « Depuis le début de l'été, le Conseil départemental en charge de la protection de l'enfance remet un jeune tous les deux jours à la rue. Actuellement, ce sont environ quatre vingt dix jeunes qui sont mis à l'abri par les associations qui subviennent à leurs besoins essentiels ».    
    Géopolitique pour les nul.les : Week-end lancé par la leçon inaugurale de Hélène Carrère D’Encausse sur "un monde imprévisible". En 2005, elle expliquait la « crise des banlieues » ainsi : beaucoup d’africains sont polygames, ont trois ou quatre femmes et vingt-cinq enfants par appartement qui courent dans les rues . HCD'E a aussi a soutenu Sarko lorsqu’il utilisait les termes de « voyou » et « racaille », puis Soumission de Houellebecq et stigmatisé.es les musulman.es en 1978 dans La Russie, un empire éclaté. Quelques titres des conférences de ce week-end un brin white power : «la menace jihadiste», «la crise des réfugiés» ou encore «l’Europe malade de la mondialisation».     


    Chasse : A St Michel Chef Chef, une retraitée a été touchée par un chasseur. A Perpignan, un chasseur s’est tiré deux balles involontairement. Dans les Landes, un autre une balle dans le pied. En 2015, il y a eu 150 accidents et 14 morts (39 morts en 2000) chez les humains.


    Breizh manif: A Nantes, une centaine de fafs dans le cortège hurle des slogans racistes, contre la « racaille » et les « dealers ». L’UDB refuse de manifester dans ces conditions. François de Rugy lui ne se prive pas d’un petit discours sur l’identité bretonne.    

 

 

crédit photo https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2016/10/27/destruction-du-bidonville-images-de-lindignite/

 

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