Manifestation du front social du 19 juin 2017

Publié le 18 Juillet 2017

 

Lundi 19 juin 2017 fut une journée nationale de rassemblement du front social en France contre le gouvernement Macron auquel ont participé environ vingt mille personnes. Le but était de protester contre la politique néolibérale et néoconservatrice, dans la lignée de celle du PS, défendue par le "nouveau" gouvernement élu seulement par 15 % des inscrits sur les listes électorales. Il s'agit d'alerter sur les attaques prévues sur le code du travail, le régime des retraites, les allocations chômage et la sécurité sociale. Mais aussi sur la surenchère sécuritaire, avec le maintien et la constitutionnalisation de l'état urgence, avec son lot de perquisitions et d'assignation en résidence, avec l'augmentation et la banalisation de la violence policière contre les réfugié.es, les habitant.es des quartiers populaires, les militant.es et manifestant.es.

         A Nantes, plus de trois cent personnes, d'âges et d'horizons politiques différents se sont rassemblées dans une atmosphère apaisée pour un pique-nique place Bouffay. Cependant, l'importance du dispositif policier déployé dans les rues environnantes laissait envisager les intentions hostiles de la préfecture, ce qui n'est pas pour nous surprendre dans cette ville réputée pour la violence de sa police et de ses préfets. L'action symbolique d'un petit groupe consistant à dresser quelques parpaings devant une banque, pour dénoncer la collusion entre l'état et la finance incarnée par Macron, a suffi à déclencher une charge aveugle et brutale de policiers en armure et de BACeux sur les manifestants en tenue d'été, à grands renforts de coups de matraque, de grenades et de lacrymos. Parmi la dizaine de blessés, on compte un syndicaliste hospitalisé, le crane en sang, et un père attaqué avec sa fille de deux ans dans les bras, menacé au Lbd et à la matraque, qui a perdu deux dents en tombant. Deux personnes ont été interpellées. Le camion des syndicats a été nassé et faillit être confisqué tandis qu'un hélicoptère survolait la zone.

         Il est nécessaire de continuer à informer la population sur la violence de l'état policier dans lequel nous vivons et son développement. La police a carte blanche et l'état couvre ses crimes et exactions. Il importe de rappeler la nature brutale du pouvoir. Mais en même temps nous ne devons pas faire le jeu de l'état et des médias, qui tentent d'étouffer la contestation sociale par l'intimidation et la menace. Les groupes politiques impliqués dans les luttes sociales ne doivent pas se laisser couper du reste de la population. Si certain.es ont le courage de tenir tête aux milices d'état surarmées, les autres manifestant.es, moins expérimenté.es, doivent pouvoir nous rejoindre sans craindre pour leur sécurité. Cela fait partie des efforts à fournir pour nous rendre intelligibles et disponibles à tou.te.s cell.eux qui voudraient rejoindre les mouvements, afin que ceux-ci gagnent en ampleur et en cohésion. Il importe d'assurer la sécurité et l'autodéfense des habitant.es contre la violence sociale et policière des dirigeants.

R.

 

Sources :

https://www.youtube.com/watch?v=7BoF4ZCWRp0&feature=youtu.be

https://twitter.com/jmdupaquier/status/876861750481760256

https://nantes.indymedia.org/articles/38030
https://nantes.indymedia.org/articles/38027
https://nantes.indymedia.org/articles/38037
http://ulnantes.cnt-f.org/spip.php?article150

http://www.nantes.maville.com/actu/actudet_-manif-a-nantes-j-ai-ete-braque-par-la-police-avec-ma-fille-de-2-ans_fil-3238253_actu.Htm

https://twitter.com/hashtag/frontsocial?lang=fr

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