Le Monde Sécuritaire, Octobre 2017

Publié le 7 Octobre 2017

La loi sur la sécurité et l'antiterrorisme inscrit dans le droit commun l’état d’urgence en application depuis deux ans. Le ministre de l'intérieur affirme que les mesures ne pourrons pas être utilisées dans un but de maintien d’ordre public comme ce fut le cas avec l’état d’urgence. Toutefois avec la nouvelle loi les assigné.es devront fournir leurs identifiants numériques. Les interdictions de manifs, les contrôles de rue au faciès (de cell.eux dont la nationalité étrangère pourrait se déduire d'éléments objectifs extérieurs, selon le ministre de l'intérieur), les perquisitions et les assignations à résidence seront maintenus, alors que la méthode appropriée pour lutter efficacement contre les attentats repose essentiellement sur le renseignement sur les réseaux de communication et de financement. Mais la priorité est donnée au business de la sécurité, au contrôle de masse et à la répression sociale.

Le terrorisme est passé en tête des préoccupations des français selon les sondages, avant la pauvreté, la santé et le chômage. Résultat : l’antimilitarisme disparaît, les luttes sociales sont étouffées, le nationalisme cimente un peuple de plus en plus précarisé. L’armée recrute (26 000 personnes en 2016) et le budget de la défense augmentera de 1.8 milliards en 2018. L’opération Sentinelle maintient les militaires avec leurs armes au milieu des civils, alors qu'ils servent de cibles aux attentats. Les coûteuses opérations Chammal en Irak et Barkhane au Mali exacerbent les haines et augmentent les recrues de l'état islamique. Une fois les groupes armés de combattants terroristes défaits sur le terrain des opérations, les survivants intensifieront certainement leur action dans les métropoles européennes. Ajoutons que les opérations de Frontex et de l’OTAN, contre l’immigration provoquée par la guerre, rendent les conditions de vie des populations en fuite toujours plus périlleuses.

Quant à la police, elle a expulsé de Grande Synthe et éparpillé sur le territoire 557 demandeur.euses d'asile dont 60 enfant qui sont revenus sur place au bout d’une semaine. Au niveau législatif, la loi sur l'immigration augmentera la durée de détention des étranger.es à 90 jour (un rassemblement doit avoir lieu le 7 octobre à 15h à l'aéroport de Saint Jacques à Rennes contre le centre de rétention ouvert il y a 10 ans).

Des perquisitions ont eu lieu chez des militants antinucléaires en lutte contre le site d'enfouissement de déchet de Bure. Pendant ce temps, les deux chefs des états nucléarisés de la Corée du Nord et des États-Unis mettent en danger la vie de millions de gens à travers leur querelle puérile. Le traité contre les armes nucléaires de l'ONU a été boycotté par toutes les puissances nucléaires.

Lors des dernières manifs contre contre la destruction du code du travail, le 12 septembre à Nantes, les manifestant.es et Streets Medics ont été attaqué.es à coups de matraque, de LBD, de grenades et de lacrymos. Le 21, c'est une vingtaine de personnes qui ont été blessées et une douzaine interpellées. Le rassemblement de soutien devant le commissariat a lui même été chargé.

La répression s'abat également sur les médias sociaux. Le site d'information Indymedia fut contraint par la police d'enlever un message qui revendiquait l'incendie de la gendarmerie de Grenoble, alors que la reprise du message par les journaux officiels n'a pas été condamnée. Ce message dénonçait l'acharnement judiciaire contre les suspects de l'incendie de la voiture de police de Valmy en 2016 et le passage à tabac par la police d'un militant anarchiste. En Allemagne, des animateurs d'Indymédia ont été accusés de terrorisme et perquisitionnés.