Pour un sursaut anti-fasciste

Publié le 11 Septembre 2013 in Antifascisme

Souvent des rangs anarchistes ou d’extrême gauche s’élève une accusation unanime pour dénoncer des politiques de gauche ou de droite très proches dans leurs objectifs et leurs résultats, parfois dans leurs moyens… On le résume souvent par la formule UMP = PS. Cela explique d’ailleurs à notre sens la faible marge de manœuvre qu’est laissée aux politiques centristes.

Il est indéniable que la formule énoncée plus haut n’est que générique et qu’elle est à nuancer… Elle relève toutefois un fond de vérité : les socialistes ne le sont plus vraiment. Ils ont quitté les oripeaux de Blum ou Mitterrand pour revêtir ceux de Schroëder et de la social-démocratie allemande. Et ça, si l’on en croit les seuls journalistes politiques de radio de services publiques bon chic-bon genre ! La mise à bat du capitalisme n’est plus du tout l’objectif à atteindre ; à peine souhaitent-t-ils l’aménager socialement !! Dans ces conditions, les scandales politico-financiers récurrents (affaire Mitterrand-Angolagate, affaire Cahuzac, etc.) dans les rangs socialistes ne nous étonnent plus.

La droite, elle, hurle toujours avec les loups et reste décomplexée quant à son rapport à l’argent. Nous ne ferons pas l’affront au lecteur de lui rappeler les jours qui ont suivi l’élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République. Ces dernières années, il faut relever qu’elle a choisi de se rapprocher doucement mais sûrement des thématiques du Front National, le « bon élève » de l’extrême droite française.

Et finalement, ce ne sont pas vraiment les « avancées sociétales » (à défaut de sociales) qui permettent de raviver la différence gauche-droite, puisque des députés UMP (NKM, etc.) n’étaient pas contre le mariage des homosexuels par exemple… Dans le même temps, la transposition de l’Accord National Interprofessionnel de janvier 2013 (signé par des syndicats minoritaires…) dans la loi est une grande réussite de la gauche contre le salariat et au grand détriment de la droite qui aurait préféré en être l’auteure !

Que de confusion en ces temps troublés !

Le PS comme l’UMP ne souhaite pas remettre en cause le système économique dominant… Bien au contraire, ils travaillent tous deux à le renforcer. Au mieux, ils vont se différencier par de rares valeurs morales… Mais partagées ponctuellement par des individus de ces deux formations politiques !

Dans ces conditions, faut-il aussi voir, comme se propose de le faire J.-F. Copé, la même chose en symétrie de l’extrême gauche et de l’extrême droite ? Nous pouvons admettre qu’elles se rejoignent souvent sur la formule énoncée plus haut, UMP = PS, ou encore qu’elles peuvent user facilement de violence physique, mais les considérer comme blanc bonnet et bonnet blanc est une faute grave d’interprétation et démontre une méconnaissance complète des valeurs portées par ces deux extrêmes.

A la souveraineté nationaliste contre la mondialisation et l’Europe répond l’Internationalisme des autres ; à la xénophobie et au racisme des uns répond la solidarité et la fraternité/sororité des autres ; à l’égalité dans la haine et l’injustice répond l’égalité tout simplement ; à un capitalisme industriel contre le financier subi répond le mutualisme, le collectivisme et le communalisme des autres…

Décidément non ! Extrême gauche et extrême droite ne sont pas et ne seront pas pareilles… Après que des individus passent de l’un à l’autre… Oui, c’est toujours possible : et alors ?

Et la violence, me dira-t-on ? La violence des collectifs anti-fascistes, si tant est qu’elle soit réelle ou systématique, est l’héritière directe des leçons de l’histoire du XXème siècle… Vous qui récusez la violence, comment auriez-vous barrer la route au fascisme d’un Franco, d’un Hitler, d’un Mussolini, d’un Pétain, d’un Staline… ?

Quand l’éducation et la pédagogie ont malheureusement échouées (ce qui redevient tristement le cas), que nous reste-t-il ?

Face à l’homogénéisation des politiques de gauche et de droite, face à la montée du chômage (besoin essentiel du système capitalisme) et face à la montée de la haine et du rejet de l’autre et des solutions fascisantes, l’urgence est bien au sursaut anti-fasciste et à un retour des clivages idéologiques !