LE MONDE SECURITAIRE – JANVIER 2018

Publié le 8 Janvier 2018

            Le mois dernier, Johanna Rolland, la maire de Nantes, a fait expulser violemment, après vingt-quatre heures d'occupation, l'école des beaux-arts désaffectée, réquisitionnée par diverses associations pour mettre à l'abri les "mineurs isolés étrangers" à la rue. Deux locaux de la fac ont alors été occupés. Après plusieurs menaces d'expulsions de la part du directeur et une décision du tribunal administratif, ainsi que des coupures d'eau et de chauffage, les organisations ont réussi à se maintenir sur les lieux grâce à la mobilisation populaire. Il y eu cependant quelques agressions racistes et intimidations de la BAC, suivies d'un communiqué menaçant sur un site raciste. Un autre squat est aussi menacé. Les voisins réclament l'évacuation et la maire les encourage à « saisir les services ».

A Nantes, 47 associations ont signé une lettre à la ville rappelant que 300 mineurs vivent dans des conditions précaires ou à la rue, 1 974 personnes vivent dans des bidonvilles, 4 200 personnes sont sans abri, 23 personnes sont mortes l'an dernier dans le département et 70 % des personnes réclamant un hébergement d'urgence sont refoulées lorsqu'elles parviennent à obtenir le service par téléphone. Au lieu de permettre l'accès aux sites inoccupés, la maire rédige une tribune dans le Monde réclamant plus de moyens à l'état. A Nantes, des millions d'euros sont pourtant gaspillés pour des projets somptuaires et inutiles, comme le remplacement du stade de la Beaujoire qui vient d'être réhabilité, la construction d'un second aéroport sur une zone humide habitée, le déplacement du MIN, de l'hôpital, la reconstruction de la gare, la construction d'un pont, d'un arbre aux hérons, d'un miroir d'eau, le financement de l'école privée Audencia, la destruction des espaces verts (Square Daviais, Jardin des ronces) etc. N'oublions pas l'installation d’une centaine de caméras pour 1,4 millions d’euros.

Concernant la ZAD, l'abandon du projet d'aéroport semble se profiler. Mais la volonté d'expulser par la violence ses habitants domine. Mille deux cent gendarmes pourraient intervenir fin janvier et détruire le projet écologique et alternatif en place. La presse nationale diabolise les occupant.es à travers une campagne de désinformation destinée à faire accepter les violences policières. A Nantes, la répression s'abat également sur les syndicalistes. Deux d’entre eux ont été condamnés par la justice à la suite d’une manifestation. Les psychiatrisés sont également touchés par la répression sociale, avec le décès d'un homme entre les mains de la police et une descente dans les hôpitaux avec l'interpellation d'un patient qui possédait du cannabis. Quant aux roms qui ont été expulsés avant la trêve hivernale, ils vivent dans la peur d’une nouvelle évacuation.

            A Rennes, une manifestation a eu lieu en hommage à Babacar Gueye. A Paris, les frères d'Adama Traoré, lui aussi tué par la police, ont été emprisonnés. A Angers, deux contrôleurs agressent un lycéen. A Lille, deux personnes poursuivies par la BAC décèdent sous un train. A Caen, un policier en civil blesse un homme dans un bar avec son arme. Par ailleurs, l’Etat prépare un texte destiné à qualifier les organisations d’extrême gauche de terroriste (un retour à la loi du 14 aout 1941 contre les communistes). Antonin Bernanos, soupçonné dans l’affaire de la voiture de police brulée de Valmy, a été brutalement arrêté chez lui  et incarcéré.

Colomb demande aux préfets d'expulser plus d’étrangers. Il exige le recensement des sans-papiers dans les centres d'hébergement d’urgence (en contradiction avec la convention de Genève de 1951). Il demande leur renvoi dans leur pays de transit. A calais, 46 sites ont été détruits. Les associations prêtent le matériel, au lieu de le donner au refugié.es, pour pouvoir porter plainte contre la police pour destruction de bien d'autrui. A Ouistreham, les réfugié.es sont soumis au harcèlement quotidien des policiers. A Briançon, les réfugié.es risquent leur vie dans les montagnes enneigées. A Nice, des retraité.es sont condamné.es pour avoir aidé des réfugié.es. Des réfugiés meurent percutés par des véhicules à Grande-Synthe, Calais et sur l’A8.

Le nombre de SDF a augmenté de 50 % en 10 ans en France. 501 personnes sont mortes dans la rue en 2016. Les dispositifs pour éloigner les sans-abris se multiplient dans les villes.  Le gouvernement veut augmenter le contrôle et les sanctions contre les chômeurs.

Amnesty accuse les gouvernements européens de complicité dans les trafics humains en Libye. L'Algérie expulse les réfugiés. La Libye organise le rapatriement des réfugiés. En Allemagne, des pilotes refusent d’expulser les réfugiés.

Les ventes d'armement mondial ont augmenté de 2%. Le nombre de victimes de mines anti-personnelles est en hausse de 150 %. La France vend des avions de combat au Qatar. Nice accueille le forum d’innovation de la Direction Générale de l’Armement et Paris le salon Milipol. La France et les Etats-Unis s’apprêtent à utiliser des drones au Sahel alors qu’ils  tuent en majorité des civils. Macron soutient l’opération Barkhane au Niger dont la France dépend pour son uranium.

La ville de Nantes est représentative de ce qu’il se passe au niveau national et international en terme de répression des militant.es et oppressions des plus faibles socialement : les sans domiciles et les déplacé.es, d’Afrique, d’Europe ou d’Orient. La lutte contre les pauvres est corrélée au développement d’une société sécuritaire et touristique du territoire à l’intention des classes aisées. Le gouvernement ne s’intéresse qu’à celles et ceux qui possèdent un pouvoir d’achat et écrase ceux qui ne représentent pas d’intérêt pour lui. A plus grande échelle, les conflits armés sont alimentés par les pays riches pour assurer leur prospérité, au dépend des populations civiles martyrisées.

 

Sources : https://nantes.aveclesexiles.info/spip.php?article129 ; https://www.breizh-info.com/2017/12/05/83698/nantes-ordonnance-dexpulsion-validee-front-anti-collabo-contre-lextreme-gauche-aide-migrants ; https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/nantes-ils-demandent-l-evacuation-du-taudis-indigne-5457655 ; http://www.presseocean.fr/actualite/nantes-lappel-de-48-associations-pour-faire-cesser-la-tragedie-de-la-rue-21-12-2017-256920 ; http://www.letelegramme.fr/bretagne/migrants-sept-maires-de-grandes-villes-denoncent-un-manque-de-moyens-17-12-2017-11784024.php ; https://www.lequipe.fr/Football/Actualites/Nantes-le-yellopark-le-projet-de-nouveau-stade-conteste-par-une-association/848966 ; https://www.lalettrealulu.com/Audencia-se-gave-du-sol-au-plafond_a2749.html ; http://www.presseocean.fr/actualite/nantes-une-petition-lancee-sur-internet-pour-sauver-le-square-daviais-26-12-2017-257321 ; https://lesronces.noblogs.org/ ; http://www.20minutes.fr/nantes/2143199-20171002-nantes-metropole-cameras-videoprotection-arriveront-octobre-2018 ; https://www.la-croix.com/France/Politique/Evacuer-ZAD-veritable-defi-2017-12-13-1200899259 ; https://lundi.am/fake-JDD-ZAD ; https://www.ensemble-fdg.org/content/nantes-la-condamnation-de-deux-syndicalistes-cgt-est-un-scandale ; https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/interpellation-houleuse-le-nantais-est-decede-5423662; http://www.liberation.fr/france/2017/12/24/une-operation-antidrogue-au-chu-de-nantes-critiquee_1618753 ; https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/nantes-un-noel-precaire-pour-les-enfants-roms-du-quai-wilson-5472023 ; https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/ille-et-vilaine/rennes/rennes-deux-ans-apres-mort-babacar-marche-contre-violences-policieres-1377141.html ; https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/angers-49000/angers-pieges-par-la-video-les-controleurs-du-tram-seront-juges-5427548 ; http://www.revolutionpermanente.fr/Lille-Poursuivis-par-la-BAC-selon-de-nombreux-temoins-deux-jeunes-sont-morts-percutes-par-un-TER ; https://www.ouest-france.fr/normandie/caen-14000/caen-blesse-par-balle-l-auteur-presume-du-tir-est-un-policier-5427653 ; http://www.valeursactuelles.com/societe/lultragauche-bientot-requalifiee-en-organisation-terroriste-91466 ; https://libertepourantonin.blogspot.fr/ ; https://www.ouest-france.fr/societe/immigration/gerard-collomb-demande-aux-prefets-d-accelerer-les-expulsions-de-migrants-5425324 ; http://www.liberation.fr/france/2017/12/13/hebergement-d-urgence-le-gouvernement-veut-recenser-les-sans-papiers_1616422 ; http://www.huffingtonpost.fr/2017/12/20/gerard-collomb-renonce-a-lidee-du-pays-tiers-sur-dans-sa-loi-sur-limmigration_a_23312661/ ; http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2017/12/06/au-petit-matin-a-calais-les-biens-des-migrants-detruits_5225547_1654200.html ; http://www.lepoint.fr/societe/ouistreham-les-migrants-survivent-grace-aux-habitants-02-12-2017-2176835_23.php ; https://www.la-croix.com/France/Immigration/Le-Brianconnais-secourt-migrants-traversent-col-enneige-lEchelle-2017-12-14-1200899538 ; https://www.la-croix.com/Journal/gens-rue-2017-12-05-1100896965 ; https://www.francetvinfo.fr/societe/la-fondation-abbe-pierre-s-en-prend-a-une-douche-anti-sdf-et-aux-dispositifs-hostiles-aux-sans-abris_2501703.html ; http://www.sudouest.fr/2017/12/13/quatre-retraites-condamnes-en-appel-pour-avoir-aide-des-migrants-4030926-6116.php ; https://www.ouest-france.fr/monde/migrants/migrant-percute-grande-synthe-une-personne-en-garde-vue-5470875 ; https://www.ouest-france.fr/provence-alpes-cote-dazur/alpes-maritimes/alpes-maritimes-un-migrant-retrouve-mort-sur-l-autoroute-a8-5472470 ; http://www.lepoint.fr/politique/le-gouvernement-reflechit-a-durcir-le-controle-des-chomeurs-27-12-2017-2182655_20.php ; https://algeriepart.com/2017/12/23/lalgerie-a-expulse-10-000-migrants-subsahariens/ ; https://afrique.latribune.fr/afrique-du-nord/libye/2017-12-04/migrants-en-libye-l-union-africaine-prepare-un-plan-de-rapatriement-d-urgence-760381.html ; https://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/des-pilotes-allemands-refusent-de-renvoyer-chez-eux-des-migrants-expulses_1966412.html ; http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/12/11/l-industrie-de-l-armement-plus-prospere-que-jamais_5227888_3234.html ; http://www.safecluster.com/wp-content/uploads/2017/11/Invitation-Journe%CC%81e-DGA-05-de%CC%81cembre-2017.pdf ; https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/271217/milipol-2017-un-trompe-loeil-denoncer ; http://www.jeuneafrique.com/mag/500792/politique/attaque-de-drones-deja-de-nombreuses-bavures/ ; https://www.ouest-france.fr/monde/afghanistan/mines-antipersonnel-le-nombre-de-victimes-en-hausse-de-150-en-trois-ans-5447079

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ANARCHISME ET STRATEGIE

Publié le 13 Décembre 2017

            Les notions d'anarchisme et de stratégie semblent être antinomiques. "Stratégie" signifie conduite de l'armée et paraît s'opposer au refus des chefs, du commandement et du militarisme des anarchistes, en lien avec leur rejet de l'état. Cela contribue à faire passer les anarchistes pour des idéalistes et des moralistes,  privés de pouvoir  et de capacité politique. Cette vision est caricaturale. La caricature inverse existe elle aussi : l'anarchiste comme adepte des actions violentes. A mon sens, les anarchistes, en pratique, sont moins contre le commandement (acratie) que pour le partage absolu du pouvoir (pancratie). Quant à l'antimilitarisme, et même le pacifisme, ils sont à nuancer. Certains anarchistes furent en même temps des combattants (Makhno, Durruti, etc.) ou du moins des militants engagés dans la lutte. L'histoire de l'anarchisme est souvent adossée à celle des guerres et des conflits (la Commune, la révolution russe ou espagnole, les armées zappatistes ou kurdes, etc.). Cette histoire n'est pas rigoureusement pacifiste, même s'il existe toutes sortes de courants, y compris non violents et centrés sur l'éducation et la désobéissance civile davantage que la lutte armée.

            Nous pouvons aussi prendre le mot "stratégie" au sens large de méthode et l'étendre à la politique et la diplomatie. De cette façon, nous verrons qu'il existe bien des stratégies anarchistes ou, du moins, utilisées par les anarchistes. Cette analyse sera l'occasion de rappeler quels sont les objectifs politiques des anarchistes et les moyens disponibles pour y parvenir. Cette réflexion nous paraît utile, étant donné la confusion ou l'apathie qui règne actuellement dans les milieux militants qui souhaitent faire face au mur néolibéral et néoconservateur dressé contre eux.

 

            Tout d'abord, lorsque l'on parle de stratégie, il faut rappeler qu'elle consiste au sens propre à déterminer les moyens en vue de gagner une guerre. Mais la fin de la guerre, indique Clausewitz, correspond à un objectif politique, comme un changement de régime. Quel est dans ce cas l'objectif politique des anarchistes ? On peut répondre : l'égale liberté, c'est-à-dire la liberté pour toutes et tous. Il ne s'agit ici ni de l'égalité sans liberté des prisonniers, ni de la liberté de quelques-uns de dominer les autres. Précisons. Contre quel genre de manque de liberté et d'égalité le projet anarchiste se construit-il ? Il s'agit traditionnellement des autorités étatiques, capitalistes et religieuses auxquelles correspondent les inégalités politiques, économiques et domestiques.

            Voyons d'abord la première forme d'autorité, celle de l'Etat. Elle consiste à capter le pouvoir politique de décision des individus à travers le système de la représentation. Le but de l'Etat est de défendre à l'intérieur les intérêts de la bourgeoisie, avec la police et l'armée et, à l'extérieur, de repousser les "étrangers" par le patriotisme, le racisme, la ségrégation et les frontières. La seconde forme d'autorité est celle de l'entreprise et de la propriété. Le capital ici s'oppose au travail. L'autorité capitaliste entretient les inégalités de classe. La troisième forme d'autorité est celle de l'église et du patriarcat. Elle investit la sphère domestique et morale et veille à l'éducation. Les ségrégations entretenues par la croyance religieuses sont sexistes, mais aussi agistes et spéciste, l'homme dominant la femme, l'enfant et l'animal selon un ordre établi comme naturel.

            La critique anarchiste de l'autorité et de l'inégalité découle initialement de la pensée moderne et rationaliste héritée des lumières. Mais à l'ère postmoderne, depuis le milieu du XXe siècle, l'anarchisme intègre de plus en plus les critiques du progrès, de la raison, de la science, de la technique et de l'humanisme. Ces critiques sont également développées par les réactionnaires, ce qui n'est pas sans générer des tensions internes (débats sur la laïcité, la non mixité, le spécisme, l'intersectionnalité etc.). Toutefois, la critique de la modernité fait également partie de la tradition marxiste et anarchiste, dans sa critique de la révolution bourgeoise jacobine, du formalisme des droits de l'homme, de l'exploitation industrielle etc.

 

            Maintenant que nous avons compris ce que combat l'anarchisme, voyons ce qu'il préconise pour la construction d'une société sans état, sans capitalisme et sans religion. Nous ne parlons pas encore ici de la stratégie destinée à instaurer et défendre l'anarchisme, mais de la manière dont une société anarchiste fonctionne. Toutefois, les principes antiautoritaires et égalitaires de la société anarchiste doivent pouvoir se retrouver dans la stratégie de conquête et de conservation de l'organisation anarchiste.

            Pour remplacer l'organisation étatique par une organisation libertaire et égalitaire, l'état doit laisser place à la fédération des communes, des régions et des pays dans une organisation ascendante. Le principe est le même en ce qui concerne l'organisation pyramidale des entreprises. Les ateliers doivent être autogérés et les branches de métiers doivent se fédérer. Tous les métiers doivent être également valorisés par la rotation ou la spécialisation volontaire. Au niveau scolaire et familial, l'éducation doit viser l'égalité, l'autonomie, le travail coopératif, l'épanouissement de tous et toutes, la liberté d'opinion et d'expression, l'égalité des chances, etc.

            Ces principes d'organisation politique, sociale et morale ne sont pas des recettes, au sens où l'invention et la diversité des approches doivent être possibles. Les difficultés sont nombreuses et, sans doute, il ne peut y avoir d'organisation parfaite. A tout moment, les manifestations d'autorité et d'inégalité peuvent resurgir et s'imposer. Cela surtout dans le cadre stratégique, dont nous allons parler, où l'usage du commandement et de la force peuvent être difficile à contourner.

 

            Maintenant que nous avons compris quels sont les buts politiques, sociaux et moraux des anarchistes, voyons maintenant quels peuvent être leurs stratégies pour parvenir à leur fin et pour la défendre. Une première stratégie peut être qualifiée d'éducative. Elle consiste à se concentrer sur l'éducation et l'information et vise l'évolution des mentalités. C'est l'approche non violente par excellence. L'échelle est avant tout locale et concerne les modes de vie, avec la réforme de soi en priorité. La dimension est domestique et morale. Les tactiques employées ici sont la production d'ouvrages, d'affiches, les prises de parole et la production culturelle. Comme moyen de pression sont employés la désobéissance, la grève du zèle, le refus de collaborer. Ensuite, la stratégie syndicaliste se concentre sur l'organisation socio-économique de la production et de la consommation. Le principe est celui de l'autogestion de l'activité avec la prise de décision collective. Les tactiques employées sont celles des mutuelles, des conseils, des bourses du travail, des banques populaires, des grèves etc. Enfin, la stratégie insurrectionnelle, davantage politique, impose un rapport de force : manifestation, occupation, sabotage, blocage. Les tactiques utilisées comprennent la destruction matérielle, mais les anarchistes se refusent en principe à blesser ou tuer.

            Ces trois stratégies ne sont pas nécessairement alternatives mais peuvent constituer des moments d'une stratégie plus globale : d'abord diffuser une idéologie, puis organiser des groupes de manière libertaire et égalitaire et enfin construire une défense entraînée, financée et équipée, c'est-à-dire un pouvoir capable de sécuriser l'organisation politique. Une société anarchiste, même pacifique, a des ennemis prêts à la détruire. Mais la stratégie doit s'efforcer d'intégrer des formes libertaires et égalitaires, ce qui peut s'avérer difficile dans les situations limites. Un commandement peut être nécessaire, ponctuellement, pour la rapidité de réaction. Dans ce cas, des précautions doivent être prises : rotation des tâches et des mandats, contrôle démocratique.

 

            Nous avons d’abord rappelé en quoi consiste le projet anarchiste : une société sans autorité et égalitaire débarrassée de l’Etat, du capitalisme et de la religion. C’est du moins le projet formulé à la fin du XIXe siècle. Au début du XXIe siècle, ces enjeux n’ont pas disparu mais ont intégré les luttes contre le sexisme, l'homophobie, le racisme, le spécisme, le validisme, la technologie etc. Nous avons rappelé les principes propres à l’organisation anarchiste : fédéralisme, autogestion, éducation libre, étant entendu que le combat contre l’autorité ne doit pas déboucher sur un chaos, mais sur un certain type d’organisation politique social, économique et culturel - qui, d’ailleurs, peut intégrer les cultures préexistantes, pour ne pas rejouer le rouleau compresseur colonial. Enfin, après avoir défini les adversaires, en gros l'Etat, le capital et l'église, et les solutions, nous avons traité des moyens stratégiques. Il s’agit d’un travail culturel d’éducation, social d’organisation et politique de défense. C’est peut-être en ce dernier sens que le mot "stratégie" est le plus propre et, en même temps, pose le plus de problèmes, l’anarchisme préférant la diplomatie à la stratégie, l’argumentation à la ruse, la persuasion à la coercition.

            Nous voyons donc qu’anarchisme et stratégie ne s’opposent pas totalement. L’anarchisme est un modèle de société précis qui cherche à se développer et se maintenir, sans quoi il faudra se contenter de la survie de groupes affinitaires, de clubs fermés, des petites chapelles où s’épuisent parfois sans compter les militantes et militants. Il ne s’agit pas pour autant de mener une campagne de conquête du pouvoir avec les techniques marketings des partis. Mais l’enjeu est tout de même de constituer une force politique réelle, quelle que soit l’échelle, capable d'offrir une  protection contre l’autorité et l’inégalité. N’oublions pas que ce que combattent les anarchistes tue à plus ou moins petit feu. Aussi les anarchistes ne peuvent se passer d’étudier la stratégie de leurs adversaires, les formes de répression, de contrôle et de propagande, pour les contrecarrer. Les organisations anarchistes doivent maîtriser leurs outils de lutte pour ne pas être condamnés à répéter les mêmes erreurs et pour s’adapter et à leur nouvel environnement. Il semble qu'un travail considérable ait été fait par l’extrême droite ces dernières décennies, souvent en étudiant les savoirs faire d’extrême gauche, lorsque l'on voit son influence aujourd'hui. Au tour à présent des anarchistes de mieux comprendre leurs adversaires conservateurs et libéraux et de redevenir influents.

Le Monde Sécuritaire - Décembre 2017

Publié le 9 Décembre 2017

La manifestation nantaise du 16/11 contre la casse sociale du gouvernement est attaquée par la police. Quatre personnes sont arrêtées. Il y a une vingtaine de blessé.es dont deux graves. L'occupation de l'école des beaux arts, pour mettre à l'abri du froid une soixantaine de jeunes à la rue, aura duré moins de vingt quatre heures. Nantes Métropole a réclamé l'expulsion. Un jeune part sur une civière après avoir sauté par une fenêtre, un autre fait une crise de panique, une jeune femme a la tête en sang après un coup de matraque de la police. Une jeune femme sans abri est arrêtée et prend quatre moins de sursit. Un local est réquisitionné à la fac mais ne peut accueillir que 45 personnes. Un château inoccupé est réquisitionné sur le campus. Les organisations panafricaines organisent un rassemblement au mémorial de l'esclavage à Nantes contre l'esclavage en Libye, la politique migratoire européenne, les conditions de vie des mineurs isolés à la rue, etc. A Nantes, seize personnes sont mortes dans la rue en 2017. 70 % des appels au 115, pour un hébergement d'urgence, restent sans suite, après parfois des centaines d'essais dans la journée pour une personne. La ville ne propose que 850 places et reçoit environ 200 appels par jours.

Une centaine de personnes sont expulsées d'un bidonvilles au nord de Paris. Quarante policiers supplémentaires sont envoyés à Calais. Cinq coups de feu sont tirés par la police sur une voiture de réfugiés. Des centaines de mineurs isolés traversent les hautes alpes dans le froid. Macron et Collomb veulent plus de fermeté contre les sans-papiers. Les éloignements d'étrangers en situation irrégulière ont augmenté de 8% cette année. 400 places supplémentaires seront créées dans les centres de rétention administrative d'ici la fin 2018. A Toulouse, une brigade de police est chargée de contrôler les voyageurs dans les trains. Un jeune homme décède lors de son interpellation gare du nord par la brigade des réseaux ferrés. Un jeune habitant de Thonon-les-Bains est tué par un policier. Une étudiante est éborgnée au flashball à Cachan. A Nantes, un homme meurt d'un arrêt cardiaque lors de son arrestation. Un policier désespéré tue trois personnes à Sarcelle. En 2017, il y a eu une soixantaine de suicides dans la police. Collomb maintient l'autorisation pour les policiers de conserver leurs armes en dehors du service. En France, 68 574 personnes sont en prison pour 59 084 places. Des femmes de détenus et leurs enfants sont fouillées à nu à la maison d'arrêt d'Ajaccio. Depuis le 17 octobre, trois détenus se sont donné la mort en cellule en Martinique au centre Ducos. A Fresnes, les avocats portent plainte pour dénoncer l'insalubrité. A Pole emploi, 14% des personnes contrôlées ont été radiées. Gattaz réclame des contrôles quotidiens.

La police belge s'équipe d'armes semi-automatiques avec des munitions de guerre. A Bruxelles, la police attaque au flashball les membres d'une association de sans-papiers. Six personnes sont blessées. Plus de trente personnes se noient au nord des côtes Libyennes. Plus de trois mille personnes sont mortes en 2017 et cinq mille en 2016 en tentant de rejoindre l'Europe forteresse. Macron, au Burkina Faso, accuse les « africains qui exploitent d'autres africains » et propose d'augmenter la réponse policière et militaire. En Espagne, près de 500 exilé.es vont être hébergé.es dans une prison, près de Malaga. La militarisation du Sahel, et de toute l’Afrique de l’Ouest, principalement par la France et les États-Unis, se poursuit avec des drones armés. 90% des tué.es par drone sont inconnu.es de l'armée. Selon les journalistes du site américain The Intercept, les drones de Washington frappent à l'aveugle. Ils ne visent pas des personnes mais des données. Le salon Milipol à Paris propose la version Protector du drone Hercules 10, qui peut recevoir trois sprays de 500 ml de gaz lacrymogène. Amnesty trouve des instruments de torture chinois sur ce salon. D’après les prévisions de Xerfi Precepta, le chiffre d’affaires du secteur du marché de la sécurité devrait croître de 4,5% par an d’ici 2020. Alain Marsaud (Fondateur du Parquet antiterroriste) affirme que Macron, comme son prédécesseur Hollande, fait en sorte que les « djihadistes » français présents en Syrie soient « liquidés » pour qu'ils ne reviennent pas.

Alors que les dernières informations indiquent que le ruthénium 106 détecté dans l’air européen pourrait être lié à un accident nucléaire sur le site de Mayak, le Réseau “Sortir du nucléaire“ dénonce l’inaction et le silence des autorités russes et internationales. Des militants de Greenpeace s'introduisent dans une centrale nucléaire en Ardèche pour faire la démonstration des manques au niveau de la sécurité. Yannick Jadot rappelle que la guerre au Yémen est alimentée par les armes provenant de l’Union, en particulier de la Grande-Bretagne et de la France. Une vingtaine de pacifistes du mouvement « I stop the arms trade » ont tenté de pénétrer dans une conférence de l’Agence européenne de la Défense à Bruxelles. Ils protestaient contre le fait que le sort de la Défense européenne se joue derrière des portes closes. Dix-huit d’entre eux ont été arrêtés.

Rien n'arrête la fuite en avant néolibérale et néoconservatrice de l'Europe et de la France qui accentue l'exploitation de sa population et mène ses guerres coloniales en Afrique et au moyen orient. Ces guerre font de nombreuses victimes, du fait de l'engagement de nos gouvernements, des armes qu'ils vendent et de leur politique migratoire. Les arguments justifiant le refus d'hospitalité n'ont pas évolué depuis les accords d'Evian qui bloquèrent l'immigration des juifs sous le nazisme : la peur de provoquer des troubles. Les recettes du capitalisme et du nationalisme sont invariables. En France, comme ailleurs, le gouvernement pratique la répression et l'exclusion des militant.es, des sans papiers, des chômeur.euses et des prisonnier.es. A Nantes, le mépris de la ville et de la préfecture pour les souffrances et les agressions contre les activistes, les syndicalistes et les sans domiciles sont constantes. Cette violence aura au moins le mérite de souder nos luttes. Ne nous laissons pas diviser et soyons le ciment qui reconstruira ce champ de ruines.

 

 

     

    Le Monde Sécuritaire - Novembre 2017

    Publié le 3 Novembre 2017

    « Depuis des siècles des étrangers traversent Nantes, contribuent à l'histoire de la ville, et viennent parfois s'y installer » nous dit la brochure sur papier glacé de la Ville de Nantes de son exposition Regards de migrants à la bibliothèque. Nous soulignons le mot « parfois » ! 250 personnes viennent d'être expulsées sur ordre de la préfète de trois bidonvilles, dont des bébés, des femmes enceintes, des vieillards et des personnes malades, deux jours avant la trêve hivernale. Sur le bord de la route, ces personnes sont coupées de leur point d'eau, d’électricité et des services de soin et de scolarité. A Indre, une milice s'est mobilisée pour empêcher leur installation. A Nantes, 1 700 personnes vivent dans une quarantaine de bidonvilles. A Marseille, 200 personnes et dans l'Essonne 40 familles viennent également d'être expulsées. Ces quatre derniers mois en France, il y a eu 36 démantèlements de bidonvilles et 5 500 personnes expulsées. En France, on recense aujourd'hui 571 bidonvilles.

    A Nantes, plusieurs manifestations ont eu lieu contre la politique de Macron et la guerre que son gouvernement mène contre la société civile (retraite, ISF, APL, contrat aidé, loi antiterroriste, retraite, loi travail, chômage, fonctionnaires, CDI, etc.). Les fins de manifs tendent à se transformer en « happenings » (tags, construction d'un mur, d'une maison) d'après la presse locale. Cette tactique a sans doute l'avantage d'être plus fédératrice. Le climat de léthargie qui règne actuellement laisse penser que la société civile reste KO et comme tétanisée face aux attaques sociales à répétition du gouvernement. Les affrontements avec la police risquaient de dissuader le peu de personnes prêtes à manifester.

    La Direction de l'Ordre Public et de la Circulation a communiqué sur le projet Synapse concernant les manifs : abandon des nasses de masse et de l'infiltration du cortège de tête, enregistrements vidéos, arrestations ciblées et marqueurs chimiques (vaporisés, ils restent plusieurs semaines sur la peau) et contre-communication policière auprès des médias. La mairie de Nantes compte également investir dans plus d'une centaine de caméras et dans le réaménagement de la place Commerce pour faire disparaître les recoins. Concernant les luttes sociales, le site du Front Social recense 4 013 poursuites de militants. L'IGPN note un accroissement conséquent de l'usage des armes à feu par la police avec 18 accidents.

    Le conseil général des Pays de la Loire a décrété la gratuité des transports pour la police. Les contrôleurs SNCF pourront opérer en civil pour être moins perceptibles. A Nantes, les agents de la TAN font un jour de grève pour réclamer plus de sécurité et d'accompagnement policier pour les contrôles. Ils sanctionnent ainsi les plus pauvres qui utilisent les transports en commun pour exiger plus de répression contre eux (au lieu, par exemple, de bloquer toute la circulation pour réclamer des transports gratuits et de meilleures conditions de travail).

    Le gouvernement a l'intention de recruter plus de policiers, notamment de proximité, entre autre pour faire du renseignement dans la rue. Le projet Sentinelle est maintenu et reconfiguré pour être plus mobile. Il pourrait être renforcé par des sociétés privées armées pour faire face au retour des « jihadistes » de Syrie et d'Irak. A la centrale de Cattenon, en Moselle, Greenpeace tire un feu d'artifice près des piscines de refroidissement des combustibles nucléaires pour dénoncer la vulnérabilité des installations françaises.

    A Rennes, une manifestation a eu lieu à l'aéroport de Saint-Jacques contre le centre de rétention construit il y a dix ans. Il y a en France vingt quatre centres de rétention où sont enfermés quarante neuf mille personnes par an. Le gouvernement vient de multiplier par deux (90 jours) la durée d'internement légale. Amnesty dénonce le renvoi forcé de 9 500 personnes en Afghanistan où leur vie est en danger. Quant à Macron, il se montre favorable à la double peine (expulsion de sans papiers qui commettraient un délit) et promet de durcir les règles d'immigration. A Nice, des militants sont condamnés à la prison avec sursit pour délit de solidarité. Le site Bruxelles2 s'interroge sur la diminution brutale de l'arrivée des migrants en méditerranée. En plus du mauvais temps, il soupçonne une coopération italo-lybienne, ce qui est inquiétant étant donné les conditions insupportables de détention en Lybie (viols, meurtres, épidémies, etc). L'IGPN a enquêté sur les violences policières à Calais (lacrymos, destruction d'affaires, interdiction de filmer).

    Depuis 2014, la France participe à la guerre d'Irak à travers l'opération Chammal, avec 1 375 frappes. Elle est également présente au Mali avec l'opération Barkhane. Matthieu Rigouste rappelle que cette opération n'a été validée ni par l'ONU ni par le parlement (site XXI). La France bombarde et réprime avec brutalité les civils. Plusieurs manifs ont eu lieu à Kidal pour réclamer le départ des Français. Denia Chebli (RFI et Libération) explique dans la presse comment l'intervention de la France attise les tensions sur place. Mais la France a de nombreux intérêts stratégiques : des ressources minières à exploiter, des milliers d'entreprises sur place, un marché de la défense et de la sécurité (matériel et formation) à promouvoir, et la participation au contrôle migratoire. Ces opérations, financées par l'argent public, bénéficie avant tout aux entreprises privées. Enfin, Amnesty dénonce le développement par la France de robots létaux autonomes avec les projets Scorpion et Scaf.

    La France est donc officiellement en guerre contre le terrorisme. Elle règne en réalité grâce au climat de terreur qu'elle entretient avec l'aide des médias. Cela lui permet de minimiser la guerre économique généralisée qu'elle mène pour le contrôle des ressources et des populations. Macron reconduit la politique néoconservatrice et néolibérale de son prédécesseur. L'enrichissement des riches est facilité par la militarisation de l'ensemble du monde, orchestrée par une poignée d'oligarches, sous prétexte d'organiser la défense contre diverses crises (« économique », « migratoire », « environnementale »).

    Contact : groupedejacque@riseup.net

     

     

     

     

     

    Le Monde Sécuritaire, Octobre 2017

    Publié le 7 Octobre 2017

    La loi sur la sécurité et l'antiterrorisme inscrit dans le droit commun l’état d’urgence en application depuis deux ans. Le ministre de l'intérieur affirme que les mesures ne pourrons pas être utilisées dans un but de maintien d’ordre public comme ce fut le cas avec l’état d’urgence. Toutefois avec la nouvelle loi les assigné.es devront fournir leurs identifiants numériques. Les interdictions de manifs, les contrôles de rue au faciès (de cell.eux dont la nationalité étrangère pourrait se déduire d'éléments objectifs extérieurs, selon le ministre de l'intérieur), les perquisitions et les assignations à résidence seront maintenus, alors que la méthode appropriée pour lutter efficacement contre les attentats repose essentiellement sur le renseignement sur les réseaux de communication et de financement. Mais la priorité est donnée au business de la sécurité, au contrôle de masse et à la répression sociale.

    Le terrorisme est passé en tête des préoccupations des français selon les sondages, avant la pauvreté, la santé et le chômage. Résultat : l’antimilitarisme disparaît, les luttes sociales sont étouffées, le nationalisme cimente un peuple de plus en plus précarisé. L’armée recrute (26 000 personnes en 2016) et le budget de la défense augmentera de 1.8 milliards en 2018. L’opération Sentinelle maintient les militaires avec leurs armes au milieu des civils, alors qu'ils servent de cibles aux attentats. Les coûteuses opérations Chammal en Irak et Barkhane au Mali exacerbent les haines et augmentent les recrues de l'état islamique. Une fois les groupes armés de combattants terroristes défaits sur le terrain des opérations, les survivants intensifieront certainement leur action dans les métropoles européennes. Ajoutons que les opérations de Frontex et de l’OTAN, contre l’immigration provoquée par la guerre, rendent les conditions de vie des populations en fuite toujours plus périlleuses.

    Quant à la police, elle a expulsé de Grande Synthe et éparpillé sur le territoire 557 demandeur.euses d'asile dont 60 enfant qui sont revenus sur place au bout d’une semaine. Au niveau législatif, la loi sur l'immigration augmentera la durée de détention des étranger.es à 90 jour (un rassemblement doit avoir lieu le 7 octobre à 15h à l'aéroport de Saint Jacques à Rennes contre le centre de rétention ouvert il y a 10 ans).

    Des perquisitions ont eu lieu chez des militants antinucléaires en lutte contre le site d'enfouissement de déchet de Bure. Pendant ce temps, les deux chefs des états nucléarisés de la Corée du Nord et des États-Unis mettent en danger la vie de millions de gens à travers leur querelle puérile. Le traité contre les armes nucléaires de l'ONU a été boycotté par toutes les puissances nucléaires.

    Lors des dernières manifs contre contre la destruction du code du travail, le 12 septembre à Nantes, les manifestant.es et Streets Medics ont été attaqué.es à coups de matraque, de LBD, de grenades et de lacrymos. Le 21, c'est une vingtaine de personnes qui ont été blessées et une douzaine interpellées. Le rassemblement de soutien devant le commissariat a lui même été chargé.

    La répression s'abat également sur les médias sociaux. Le site d'information Indymedia fut contraint par la police d'enlever un message qui revendiquait l'incendie de la gendarmerie de Grenoble, alors que la reprise du message par les journaux officiels n'a pas été condamnée. Ce message dénonçait l'acharnement judiciaire contre les suspects de l'incendie de la voiture de police de Valmy en 2016 et le passage à tabac par la police d'un militant anarchiste. En Allemagne, des animateurs d'Indymédia ont été accusés de terrorisme et perquisitionnés.

     

     

    Les Rohingyas, Saint Martin et les Street Medics

    Publié le 17 Septembre 2017

       La minorité rohingyas subit depuis plusieurs années la politique
    génocidaire de l'état birman. Ce qui se traduit par des massacres, des
    supplices et un exode massif vers le Bangladesh où la persécution
    économique continue. Ashin Wirathu, moine bouddhiste charismatique
    condamné par l'état en 2003 pour incitation à la haine, a été libéré en
    2012. Depuis, il diffuse ses messages de haine contre les rohingyas en
    toute liberté et avec la bénédiction de l'état, ce qui aboutit à
    d’atroces persécutions. La résistance armée qui s'est organisée, trop
    faible, fut contre productive et a accentué  la répression. La question
    qui se pose est celle de savoir à qui profite le crime. Quels sont les
    enjeux géostratégiques derrière les souffrances civiles ? Qui sont les
    responsables et les bénéficiaires des persécutions ? L'état d'Arakan, où
    elles ont lieu, est riche en hydrocarbures et en pierres précieuses. Des
    projets de Gazoducs et d'installations portuaires impliquent l’Inde, la
    Corée du Sud, la Chine et Total. Comprendre les intérêts en jeu doit
    permettre de déterminer, autrement que par les incantations morales de
    l'ONU, les leviers concrets qui permettrait de  mettre
    fin à ces opérations


        Sur l'île de Saint Martin, après le passage de l'ouragan Irma, on a pu
    assister à « des scènes de pillage », d'après les médias. L'envoie de
    l'armée vise entre autre la défense des propriétés. L'extrême droite
    profite de la situation pour ressortir son concept de « racisme
    anti-blanc ». Seule Marijosé Alie sur FR3 nous rappelle l'opposition sur
    l'île entre une population et des touristes riches et les précaires qui
    vivent dans les bidonvilles. En terme de pillage et de racisme rappelons
    que le plus grand pillage reste celui qui mène aux inégalités sociales
    et que le racisme est d'abord un système d'exploitation qui s'appuie sur
    l'apparence physique et linguistique.


        La manif contre la destruction du code du travail à Nantes s'est
    terminée par le traditionnel défoulement policier contre les
    manifestant.es. La page des Street Medics nantais témoigne
    d'hospitalisations et de blessures par matraque, LBD, grenades, lacrymos
    et la bousculade provoquée. Les Street Medics ell.eux-mêmes ont été pris
    pour cible, attaqueé.es à plusieurs reprises et placé.es en garde à vue.
    L'image du journal local officiel choisit pour illustrer les neufs
    arrestations de montrer un BACeux qui traîne à terre un.e street medic
    reconnaissable par par son casque à croix. L'an passé un Street Medic
    était d'ailleurs passé en jugement justement à cause de cette croix
    censée n'être utilisée que par la Croix Rouge, d'après la convention de
    Genève (pour éviter les embuscades). Rappelons tout de même que cette
    même Convention protège aussi le personnel de secours contre les
    militaires et la police. Nous condamnons de toute façon les agressions
    policière contre quiconque. Les techniques et équipements restent
    sur-dimensionnés face à une population civile désarmée et en posture de
    légitime défense sociale (voir aussi https://nantes.indymedia.org/articles/38538).


        R du Gr Dejacque

    Sécurité et répression dans les transports en commun

    Publié le 2 Septembre 2017

           

    Le 14 août les employé.es de la Tan se sont mis.es en grève pour dénoncer l'insécurité, immobilisant le réseau et sanctionnant les quartiers populaires. Cette grève a été rémunérée sur décision de Pascal Bolot, adjoint au maire et président de la Semitan, à son retour de vacance. Une autre grève était prévue le 4 septembre mais a été annulée par crainte de son impopularité.

    La souffrance au travail des agents de la Tan est indéniable. Mais au lieu de s'attaquer aux vraies causes et aux vrais responsables, il.les préfèrent stigmatiser les classes populaires, faisant échos aux pétitions des commerçants du centre-ville contre les personnes jugées indésirables à Bouffay et Commerce. Comme les riverains, il.les voudraient un centre-ville sans pauvres mais fréquenté uniquement par de riches consommateurs et des touristes et reléguer les classes populaires dans les quartiers dits difficiles. L'amalgame est rapidement fait entre les « jeunes », les  « dealers » et les « étrangers ». Suite à ces plaintes, la police patrouille, chasse les détenteurs de drogue ou les étrangers sans papiers et procède à de nombreuses arrestations. La presse également contribue à jeter de l'huile sur le feu en entretenant le sentiment d'insécurité et les fantasmes habituels sur les transports en commun et les stations fréquentées du centre. Évidemment, dans les villes, qui concentrent de nombreuses personnes, les incidents sont proportionnellement plus fréquents qu'ailleurs. Mais dans quelle proportion ? De quoi parle-t-on ? D'homicide, de harcèlement, d'agression, de viol, de violence, d'insulte, de regard de travers, de manière de parler, de s'habiller et d'être ? En ce qui me concerne, je ne circule qu'en transport en commun et traverse quotidiennement la ville depuis des années et m'y sens très bien.

    Parfois les esprits s'échauffent contre les chauffeur.euses et contrôleur.euses de la Tan. Mais on ne parle pas des toutes les raisons. Rappelons que le ticket n'a cessé d'augmenter, sanctionnant les plus pauvres (étudiant.es, chômeur.euses, sans domiciles, réfugié.es), que l'accès aux aides n'est pas aisé, que la précarité ne cesse d'augmenter et que la vie est de plus en plus chère. Les conditions de travail à la Tan sont dégradées par la cadence et la quête de rentabilité. Les chauffeur.euses sont pressé.es, stressé.es, doivent surveiller les entrées, faire un pré-contrôle en plus des bornes et des autres contrôles. Les gens sont ainsi contrôlés à maintes reprises. Même si de nombreu.ses agents restent aimables et compréhensi.ves, d'autres se comportent mal, ont un ton agressif, un regard méprisant, ferment les portes sur votre nez, démarrent alors que vous voulez entrer, ne ralentissent pas dans les rues et aux passages piétons. Les solutions réclamées sont : plus de contrôles, de policiers, de répression, de surveillance. Mais ça ne fera qu'exacerber la situation si l'on ne s'attaque pas aux causes du problème : management infernal, conditions de travail dégradées pour les agents, culture de la défiance à l'égard des minorités, augmentation des inégalités sociales, hausse des tarifs, alors que les transports en commun sont nécessaires pour les plus pauvres qui vivent éloigné.es du centre.

    En améliorant les conditions de travail des agents et de vie de la population, en développant une gestion égalitaire des tarifs avec la gratuité et une culture de la tolérance, on peut espérer améliorer le quotidien de tou.tes. Mais ça ne se fera certainement pas en creusant les inégalités par l'exclusion sociale et économique et en réduisant les libertés par une politique de contrôle et de répression.

     

    R du Gr Déjacque

     

     

    REVUE DE PRESSE JUILLET-AOUT 2017

    Publié le 31 Août 2017

              

     

     

                Dans une note intitulée « signalement dans le cadre du G20 à Hambourg », la SNCF demande aux personnels des trains et des escales de signaler jusqu’au 13 juillet les « personnes dont le comportement pourrait laisser supposer un comportement militant porté à l’extrême ». Le syndicat SUD-rail dénonce une « directive liberticide » 

              http://www.ouest-france.fr/societe/les-agents-sncf-pries-de-signaler-les-groupes-militants-se-rendant-au-g20-5111644

     

    Au 1er juillet 2017, 871 mineurs étaient détenus en France. Matelas au sol, partages de cellule, transferts, l'administration tente de faire face à ce seuil jamais atteint en 15 ans.  

    http://www.lexpress.fr/actualite/societe/des-prisons-pour-mineurs-bondees-on-n-a-jamais-autant-incarcere_1927164.html

     

                Depuis janvier, plus de 2000 migrants sont morts ou disparus en mer Méditerranée

                http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/depuis-janvier-plus-de-2000-migrants-sont-morts-ou-disparus-en-mer-mediterranee_1924158.html

     

                Près de 2 500 migrants évacués de campements porte de la Chapelle à Paris

                http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/08/18/evacuation-du-campement-de-migrants-installe-porte-de-la-chapelle-a-paris_5173620_3224.html

     

                Le gouvernement annonce le 12 juillet 2017 un plan « migrants » qui ressemble à s’y méprendre à toutes les annonces distillées ces dernières années par la précédente majorité. Il s’inscrit dans un politique de continuité, sans perspective à long terme, ni réel projet pour construire une politique migratoire respectueuses des droits des personnes.

                http://www.lacimade.org/presse/plan-migrants-enieme-ajustement-dune-politique-cap/

     

                Mandatés par le Haut commissariat des Nations unies, six experts interpellent la France sur les cas François Bayiga, Adama Traoré et Théo Luhaka.

                http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20170714.OBS2125/affaires-theo-et-adama-le-haut-commissariat-des-nations-unies-demande-des-comptes-a-la-france.html

     

                Pas une déclaration, aucune réaction. Les chapelles présidentielles n’ont pas tinté les cloches de l’indignation. Dans un silence coupable, à la limite approbateur, les chefs d’Etat africains, les organisations régionales ou sous-régionales n’ont signé aucun communiqué regrettant ou recadrant les propos condescendants d’Emmanuel Macron sur la démographie galopante qui freinerait le développement de l’Afrique. La seule réponse d’un officiel africain est à retrouver en amont du G20. Habitué ces derniers temps à des diatribes sur l’ingérence colonialiste de la France, Alpha Condé a apporté une réplique anticipée au président français. Morceaux choisis.

                http://afrique.latribune.fr/politique/2017-07-11/propos-de-macron-sur-l-afrique-cinglante-la-replique-anticipee-d-alpha-conde-743625.html

     

                Londres : le terroriste néo-fasciste, auteur de l’attaque à l’acide contre deux cousins musulmans, comparaît devant la justice

                https://oumma.com/londres-terroriste-neo-fasciste-auteur-de-lattaque-a-lacide-contre-deux-cousins-musulmans-comparait-devant-justice/

     

                Les propos sont racistes, haineux. Ils recouvrent les murs de tous les bâtiments de l’aire d’accueil de Saint-Sébastien-sur-Loire, près de Nantes. La communauté de Loire-Atlantique est choquée et résignée.

    http://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/pres-de-nantes-les-gens-du-voyage-cibles-de-tags-extremistes-5151661

     

                Une tête de sanglier clouée à la porte de la salle de prière

                http://www.ledauphine.com/isere-nord/2017/07/22/une-tete-de-sanglier-clouee-a-la-porte-de-la-salle-de-priere-musulmane-de-pont-de-beauvoisin

     

                Des riverains de l'hôtel Formule 1 ont érigé ce lundi matin, un mur de près de vingt mètres de long pour barrer l'entrée de cet établissement qui doit prochainement être transformé en centre d'accueil pour migrants.

                http://www.ladepeche.fr/article/2017/07/24/2617254-ils-murrent-l-entree-du-futur-centre-d-accueil.html

     

                Human Rights Watch dénonce l’utilisation de gaz poivre contre les migrants à Calais

                http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2017/07/26/human-right-watch-denonce-l-utilisation-de-gaz-poivre-contre-les-migrants-a-calais_5164943_1654200.html

     

                Jeudi 20 juillet au soir comparaissait sur le banc des accusés le N°1 de la Brigade Anti-Criminalité rennaise, le Major Philippe Jouan. A la suite d’une enquête préliminaire menée pour des faits ayant eu lieu le 5 mai dernier, le tribunal correctionnel a été saisi par le procureur de la République pour les charges de violences PAR agent dépositaire de l’autorité publique, faux en écriture publique et dénonciation calomnieuse.

                https://expansive.info/Il-etait-une-fois-dans-l-Ouest-555

     

                Demandes d'asile : Macron défend ses «hot spots» au Niger et au Tchad

                http://www.liberation.fr/planete/2017/08/28/demandes-d-asile-macron-defend-ses-hot-spots-au-niger-et-au-tchad_1592571

     

                Bordeaux : suite au décès d’un mineur isolé, un collectif met en cause l’État

                http://www.sudouest.fr/2017/07/28/suite-au-deces-d-un-mineur-un-collectif-met-en-cause-l-etat-3653380-2780.php

     

                Nouvelle garde à vue et tabassage en règle du compagnon Damien Camélio

                https://attaque.noblogs.org/post/2017/07/31/nouvelle-garde-a-vue-et-tabassage-en-regle-du-compagnon-damien-camelio/

     

                Migrants de Calais : les associations mitigées sur la création de deux centres en Hauts-de-France

                http://www.europe1.fr/societe/migrants-de-calais-les-associations-mitigees-sur-la-creation-de-deux-centres-en-hauts-de-france-3401246

     

                Rennes: Le chauffard qui a foncé sur des policiers a été tué par un de leurs tirs

                http://www.20minutes.fr/rennes/2111899-20170801-rennes-chauffard-fonce-policiers-tue-tirs

     

                Un homme a été tué par la police, samedi, dans le Loiret. La balle qui l'a abattu a été extraite de son corps et aidera les enquêteurs à déterminer si les conditions de légitime défense étaient réunies. 

                http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/homme-abattu-par-la-police-dans-le-loiret-le-projectile-mortel-a-ete-extrait-lors-de-l-autopsie_2340785.html

     

                Maroc: Plus de 60 migrants blessés en tentant d'entrer à Ceuta (Espagne)

                http://aa.com.tr/fr/afrique/maroc-plus-de-60-migrants-bless%C3%A9s-en-tentant-dentrer-%C3%A0-ceuta-espagne/874551

     

                Migrants: les ONG dénoncent l'idée d'un «code de conduite» en Méditerranée

                http://www.rfi.fr/afrique/20170705-migrants-ong-mer-denoncent-idee-code-conduite-mediterranee

     

                Plusieurs ONG suspendent le sauvetage de migrants en Méditerranée
                http://www.lemonde.fr/international/article/2017/08/13/msf-suspend-des-activites-de-sauvetage-de-migrants_5171859_3210.html

     

                Un migrant meurt percuté par une voiture près de Calais

                http://www.ladepeche.fr/article/2017/08/04/2622953-un-migrant-meurt-percute-par-une-voiture-pres-de-calais.html

     

                Var: un policier tue deux pompiers, avant de se donner la mort

                http://www.lexpress.fr/actualite/societe/fait-divers/var-un-policier-tue-deux-pompiers-avant-de-se-donner-la-mort_1933461.html

     

                Prières de rue à Lagny-sur-Marne: Des tentes visées par des cocktails Molotov

                http://www.20minutes.fr/paris/2113979-20170806-prieres-rue-lagny-marne-tentes-visees-cocktails-molotov

     

                Yémen : 29 migrants morts en mer, 22 disparus

                http://www.leparisien.fr/international/yemen-29-migrants-morts-en-mer-22-disparus-09-08-2017-7185072.php

     

                Fukushima. De l’eau contaminée devrait être déversée dans le Pacifique

                http://www.ouest-france.fr/monde/japon/fukushima-de-l-eau-contaminee-devrait-etre-deversee-dans-le-pacifique-5146171

     

                Collomb veut distinguer les bons des mauvais migrants

                http://www.liberation.fr/france/2017/08/06/collomb-veut-distinguer-les-bons-des-mauvais-migrants_1588460

     

                Gérard Collomb veut mobiliser les hôpitaux psychiatriques pour identifier les terroristes potentiels

                http://www.huffingtonpost.fr/2017/08/18/gerard-collomb-veut-mobiliser-les-hopitaux-psychiatriques-pour-i_a_23151221/

     

                Pourquoi la fin des contrats aidés est une décision inquiétante socialement et idiote économiquement

                http://www.huffingtonpost.fr/michel-zumkeller/pourquoi-la-fin-des-contrats-aides-est-une-decision-inquietante-socialement-et-idiote-economiquement_a_23187908/

     

                Charlottesville: une voiture percute des manifestants anti-racisme, au moins un mort et plusieurs blessés

                http://www.huffingtonpost.fr/2017/08/12/charlottesville-une-voiture-percute-des-manifestants-anti-racis_a_23075703/

     

                Manifestation à Bure : «Mon pied a été déchiqueté»

                http://www.liberation.fr/france/2017/08/18/manifestation-a-bure-mon-pied-a-ete-dechiquete_1590628

                Une enquête ouverte en Essonne après la mort d’un homme en garde à vue

                http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2017/08/17/une-enquete-ouverte-en-essonne-apres-la-mort-d-un-homme-en-garde-a-vue_5173305_1653578.html

     

                Amiante : retour de congés dans l’inquiétude à la tour Bretagne de Nantes

                http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/08/18/amiante-retour-de-conges-dans-l-inquietude-a-la-tour-bretagne-de-nantes_5174015_3234.html

     

                Près de 2 500 migrants évacués de campements porte de la Chapelle à Paris

                http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/08/18/evacuation-du-campement-de-migrants-installe-porte-de-la-chapelle-a-paris_5173620_3224.html

     

                Prévoyant, le gouvernement commande des grenades lacrymo pour 4 ans

                https://www.marianne.net/societe/prevoyant-le-gouvernement-commande-des-grenades-lacrymo-pour-4-ans

     

                Restos du cœur : le nombre de repas distribués en hausse de 40%

                http://www.sudouest.fr/2017/08/26/restos-du-coeur-le-nombre-de-repas-distribues-en-hausse-de-40-3725195-5458.php

     

                Deux SDF sur trois sans toit cet été

                https://www.humanite.fr/deux-sdf-sur-trois-sans-toit-cet-ete-639642

     

                Retour sur le déchaînement médiatique autour d'un squat

                https://nantes.indymedia.org/articles/38379

     

                Syrie : 59 civils tués en 3 jours à Raqqa dans des raids de la coalition

                http://www.europe1.fr/international/syrie-59-civils-tues-en-3-jours-a-raqa-dans-des-raids-de-la-coalition-3413324

     

                En colère, les livreurs de repas se mobilisent de nouveau pour leurs conditions de travail
                http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/08/26/en-colere-les-livreurs-de-repas-se-mobilisent-de-nouveau-pour-leurs-conditions-de-travail_5176952_3234.html

     

                Total accusée de fraude en Guinée Equatoriale

                http://www.bbc.com/afrique/region-41091905

     

                Un expert de l’ONU a exhorté vendredi la Sierra Leone à lutter plus vigoureusement contre les conséquences néfastes pour la santé et l’environnement du développement industriel, réclamant un meilleur encadrement des secteurs minier et agricole notamment.

    http://fr.africanews.com/2017/08/26/sierra-leone-l-onu-reclame-un-renforcement-de-la-lutte-contre-la-pollution/

     

                Birmanie : Les Rohingyas Musulmans : vers un génocide planifié

                http://aa.com.tr/fr/analyse-nouvelles/birmanie-les-rohingyas-musulmans-vers-un-g%C3%A9nocide-planifi%C3%A9-/895726

     

     

     

     

    Manifestation du front social du 19 juin 2017

    Publié le 18 Juillet 2017

     

    Lundi 19 juin 2017 fut une journée nationale de rassemblement du front social en France contre le gouvernement Macron auquel ont participé environ vingt mille personnes. Le but était de protester contre la politique néolibérale et néoconservatrice, dans la lignée de celle du PS, défendue par le "nouveau" gouvernement élu seulement par 15 % des inscrits sur les listes électorales. Il s'agit d'alerter sur les attaques prévues sur le code du travail, le régime des retraites, les allocations chômage et la sécurité sociale. Mais aussi sur la surenchère sécuritaire, avec le maintien et la constitutionnalisation de l'état urgence, avec son lot de perquisitions et d'assignation en résidence, avec l'augmentation et la banalisation de la violence policière contre les réfugié.es, les habitant.es des quartiers populaires, les militant.es et manifestant.es.

             A Nantes, plus de trois cent personnes, d'âges et d'horizons politiques différents se sont rassemblées dans une atmosphère apaisée pour un pique-nique place Bouffay. Cependant, l'importance du dispositif policier déployé dans les rues environnantes laissait envisager les intentions hostiles de la préfecture, ce qui n'est pas pour nous surprendre dans cette ville réputée pour la violence de sa police et de ses préfets. L'action symbolique d'un petit groupe consistant à dresser quelques parpaings devant une banque, pour dénoncer la collusion entre l'état et la finance incarnée par Macron, a suffi à déclencher une charge aveugle et brutale de policiers en armure et de BACeux sur les manifestants en tenue d'été, à grands renforts de coups de matraque, de grenades et de lacrymos. Parmi la dizaine de blessés, on compte un syndicaliste hospitalisé, le crane en sang, et un père attaqué avec sa fille de deux ans dans les bras, menacé au Lbd et à la matraque, qui a perdu deux dents en tombant. Deux personnes ont été interpellées. Le camion des syndicats a été nassé et faillit être confisqué tandis qu'un hélicoptère survolait la zone.

             Il est nécessaire de continuer à informer la population sur la violence de l'état policier dans lequel nous vivons et son développement. La police a carte blanche et l'état couvre ses crimes et exactions. Il importe de rappeler la nature brutale du pouvoir. Mais en même temps nous ne devons pas faire le jeu de l'état et des médias, qui tentent d'étouffer la contestation sociale par l'intimidation et la menace. Les groupes politiques impliqués dans les luttes sociales ne doivent pas se laisser couper du reste de la population. Si certain.es ont le courage de tenir tête aux milices d'état surarmées, les autres manifestant.es, moins expérimenté.es, doivent pouvoir nous rejoindre sans craindre pour leur sécurité. Cela fait partie des efforts à fournir pour nous rendre intelligibles et disponibles à tou.te.s cell.eux qui voudraient rejoindre les mouvements, afin que ceux-ci gagnent en ampleur et en cohésion. Il importe d'assurer la sécurité et l'autodéfense des habitant.es contre la violence sociale et policière des dirigeants.

    R.

     

    Sources :

    https://www.youtube.com/watch?v=7BoF4ZCWRp0&feature=youtu.be

    https://twitter.com/jmdupaquier/status/876861750481760256

    https://nantes.indymedia.org/articles/38030
    https://nantes.indymedia.org/articles/38027
    https://nantes.indymedia.org/articles/38037
    http://ulnantes.cnt-f.org/spip.php?article150

    http://www.nantes.maville.com/actu/actudet_-manif-a-nantes-j-ai-ete-braque-par-la-police-avec-ma-fille-de-2-ans_fil-3238253_actu.Htm

    https://twitter.com/hashtag/frontsocial?lang=fr

    https://www.facebook.com/FrontSocialUni/

    Welcome à Nantes

    Publié le 3 Juin 2017

    Le 6 avril 2017, tôt le matin, une vingtaine de "mineurs isolés étrangers" ont été jetés à la rue par la police sur ordre du procureur de la république, abandonnant matelas, couvertures et équipements. Depuis deux ans, après avoir été exclus des dispositifs d'aide par la préfecture, ils habitaient une maison abandonnée, soutenus par différents collectifs. Une pétition, depuis quelques jours, circule, rappelant qu'ils sont deux cent trente mineurs dans ce cas à Nantes aujourd'hui, non scolarisés, sans logement, sans nourriture et ni aucune aide de la part de l'état. Certains, s'ils sont bien scolarisés, n'ont cependant pas de toit.

    La veille de cette expulsion, trois cent personnes, dont des mineurs rejetés, ont marché dans les rues de Nantes, devant le conseil général et la préfecture pour alerter sur leur situation. A leur passage devant la mairie, la réaction a été de baisser le rideau de fer. Ce "dialogue social" s'est donc poursuivi par l'expulsion des mineurs. C'est la réponse choisie par les pouvoirs publics à leurs revendications. La veille de cette manifestation, la police a également raflé treize mineurs isolés pour vérifier leur situation et s'informer sur la manifestation. Quelques jours avant, le DAL appelait à un rassemblement pour alerter sur la fin de la trêve hivernale, avec la reprise des expulsions et la fermeture des lieux d'accueil. L'an passé, le nombre d'expulsions a augmenté, ainsi que le prix des loyers, alors qu'en Loire Atlantique 10 000 logements sont vacants et que l'ordonnance de 1945 sur la réquisition n'est pas appliquée.

    Les expulsions de réfugiés sont régulières à Nantes. Le 23 novembre 2016, 80 personnes ont été expulsées du squat de Doulon, juste avant les grands froids. Le 7 juillet 2016, un squat de mineurs isolés a été expulsé boulevard des Belges, après une nuit passée à l'abri. Le 28 janvier 2016, huit personnes ont été arrêtées alors qu'elles tentaient de réquisitionner un bâtiment de la CAF désaffecté. Le 30 juillet 2014, ce fut le squat de la rue des Stock, à Moutonnerie, où résidait plusieurs personnes dont des femmes qui fut immédiatement détruit, dans un nuage d'amiante, avec des affaires et des papiers à l'intérieur. En février 2014, le squat du Radisson noir a été expulsé. La police a blessé quatre personnes, dont deux qui finiront aux urgences. Le 10 Octobre 2012, les CRS ont expulsé du Lieu Unique des réfugiés à la rue qui manifestaient contre leur situation en occupant une salle.

    Nous ne sommes pas surpris. Les gouvernements européens sont responsables de la mort des migrants en méditerranée, du bombardement et de l'exode des irakiens et des syriens, de l'exploitation des ressources en Afrique, de la persécution des sans papiers en France. Pas une miette ne doit revenir aux victimes de leur politique. On dépense des millions d'euros pour ériger des gares, des aéroports, équiper les rues de caméras, la police de nouvelles armes, collecter les données et construire des attrapes touristes, comme le Miroir d'eau ou l'Arbre aux hérons à Nantes. Mais on réserve le minimum pour les réfugiés et les sans domiciles.

    A Nantes, les squats d'exilés répondent à un besoin de logements que la ville refuse de fournir ou de libérer en ce qui concerne les logements et locaux vides. Dans ces quelques squats vivent des exilés (surtout des garçons) majeurs et mineurs dans des conditions précaires. Les lieux sont vétustes, les personnes y sont nombreuses, parfois sans ressources, sans droits et menacées d'expulsion. Ces squats abritent principalement des personnes qui ont fui la pauvreté ou la guerre. Un grand nombre sont ici parce qu'ils parlent français. La distinction administrative entre migrant économique et réfugié politique n'a aucune valeur sur le terrain, tant ces deux aspects se conjuguent. En fait, pour qui ne s'arrête pas aux frontières et aux nations, ces personnes sont tout simplement opprimées par un système global.

    La positions des "mineurs isolés étrangers" est particulièrement retors. Ils sont mineurs selon leurs papiers mais leur minorité est contestée à l'issu de tests osseux scabreux sans valeur scientifique. Par conséquent, ni mineurs ni majeurs, ils sont écartés de la solidarité sociale en ce qui concerne le logement, l'habitation, l'alimentation, la santé, l'éducation etc. L'administration organise également la pénurie en mettant en concurrence les mineurs "étrangers" et "nationaux". Quand certains parviennent à être pris en charge par le CADA, ils demeurent précaires. La durée est limitée et la qualité de l'accueil laisse à désirer : hôtels miteux et abus divers de la part des adultes. Les mineurs isolés sont disséminés en France, en Europe et sur les routes de l'exil. Ils subissent une oppression terrible et sont particulièrement vulnérables. On pourrait croire qu'arrivés ici les choses s'améliorent. Mais, au contraire, les test osseux servent à les sortir des dispositifs d'aide. Les mises à l'abri sont précaires. Ils sont de plus en plus nombreux à la rue, sans scolarisation, ni aide matérielle ou morale. Tout repose sur des structures militantes fragiles.

    L'administration fait ainsi peser sur les populations une grille sélective, fortement hiérarchisée, organisant la pénurie et le clivage entre français et étrangers (ce qui encourage le racisme), migrants et réfugiés, mineurs et majeurs, hommes et femmes. L'objectif des clivages est la discrimination, la domination et l'élimination. Les femmes sont généralement mises à l'abri mais très surveillées, tandis que les hommes se retrouvent à la rue. Ceci est lié à la volonté de maintenir un niveau de rareté, sous prétexte de ne pas créer un "appel d'air", concept d'extrême droite largement partagé par les élus socialistes.

    La communauté rromani est plus soudée que d'autres communautés ad hoc, basées uniquement sur le statut d'étranger ou la couleur de peau mais réunissant des cultures très différentes. Certes il existe des hiérarchies et des oppressions à l'intérieur de la communauté rromani mais elle parvient à une certaine autonomie. Elles se tient à l'écart et se méfie des locaux. Aussi vit elles souvent éloignée des centres villes, sur des terrains généralement abandonnés, insalubres, sans eau, ni électricité. Depuis des années, les rroms sont expulsés régulièrement des différents endroits où s'installent et se déplacent de communes en communes, sans pouvoir se fixer, tisser des liens avec les habitants, scolariser les enfants, etc. On compte mille huit cent personnes à Nantes, dont 40 % d'enfants, qui vivent en grande précarité, risquant d'être délogées, avec des caravanes vétustes, peu de médicaments et de matériel pour les nourrissons.

    Les rroms subissent déjà une persécution structurelle dans leur pays d'origine, de plus en plus importante depuis la chute du mur de Berlin et l'effondrement du bloc soviétique. Certains retournent en Roumanie voir leur famille. Mais là bas la situation n'est guère meilleure. La misère est encore plus grande. Les rroms vivent à cheval entre plusieurs pays et en même temps se réfugient dans leur propre communauté. La politique de confinement qu'ils subissent ne leur laisse pas beaucoup d'alternatives. Ils n'ont pas accès au travail, à l'eau, aux soins, à l'électricité, aux sanitaires etc. Ils ont en face d'eux une population raciste, souvent hostile, et parfois des milices, un personnel politique prompt à exploiter la haine par électoralisme et une police dressée à ne pas voir en eux l'humain. Les soutiens locaux ont peu de pouvoir et ne peuvent empêcher les expulsions. Il n'y a pas d'organisation d'envergure de la solidarité mais des petits gestes, de la présence, etc.

     

     

     

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